Kinshasa, le 15 octobre 2025
(Par la Rédaction)

Engagement présidentiel au chevet des jeunes entrepreneurs sinistrés de Ngaliema : Félix Tshisekedi a visité ce mercredi les ruines fumantes des célèbres ateliers de menuiserie de Delvaux, dévastés par un incendie aux causes controversées. Près de 60 ébénistes ont vu leur outil de travail réduit à néant, soulevant l’urgence d’une solution pérenne pour ces foyers d’emplois juvéniles.


Ce mercredi, la fin de l’après-midi a vu le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, se rendre dans le quartier Delvaux, en commune de Ngaliema, pour un constat macabre. Face à lui, des dizaines de jeunes ébénistes en désarroi, dont les ateliers sont partis en fumée lors d’un grave incendie survenu dans la nuit du 11 au 12 octobre dernier.
Le constat d’un désastre économique

Accueilli par une foule de sinistrés, le Chef de l’État a pu mesurer l’ampleur du désastre. Le feu, bien que n’ayant fait aucune victime humaine, a causé des dégâts collatéraux considérables : près de 60 ateliers de menuiserie – construits majoritairement en matériaux de fortune – ainsi que six maisons d’habitation ont été entièrement détruits.
Le bilan matériel est lourd pour ces jeunes entrepreneurs : matériel de travail, intrants et meubles prêts à être livrés ont été consumés, anéantissant l’investissement et le travail de plusieurs mois pour cette communauté réputée être une véritable fabrique de meubles en bois local.
Tensions et causes incertaines
L’origine de cet embrasement reste, pour l’heure, sujette à controverse. Les thèses divergent et alimentent une tension déjà historique dans ce quartier.
- Pour les menuisiers, le sinistre serait parti d’une résidence voisine, pointant du doigt un raccordement électrique défectueux avant la propagation aux ateliers.
- Les résidents du quartier, quant à eux, rejettent la faute sur les tenanciers des ateliers, suggérant l’imprudence ou le non-respect des normes de sécurité.

Cette tragédie est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit du deuxième sinistre consécutif en l’espace de trois ans à frapper ces célèbres ateliers. Un coup dur pour cette zone qui jouxte le quartier résidentiel « Météo » sur la route Matadi, où près d’un millier de jeunes travaillent dans la filière bois.
Un litige terrien à régler
Sur les ruines, le Président Tshisekedi a pris le temps d’écouter les représentants des sinistrés, promettant une étude approfondie non seulement pour prévenir de nouvelles catastrophes, mais aussi pour s’attaquer au problème de fond.

Il est important de souligner que les relations entre les menuisiers et les propriétaires des maisons résidentielles ont toujours été tendues, chaque partie faisant valoir un droit terrien souvent précaire ou contesté.
Présent lors de la visite présidentielle, le Gouverneur de la ville de Kinshasa a réaffirmé son intention de régler définitivement ce litige, promettant une intervention pour clarifier la situation foncière et assurer la sécurité de ce pôle essentiel pour l’emploi des jeunes dans la capitale. La catastrophe de Delvaux met en lumière l’urgence d’une meilleure formalisation et sécurisation des espaces dédiés à l’entrepreneuriat juvénile à Kinshasa.
