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RENTRÉE JUDICIAIRE : FIRMIN MVONDE DÉNONCE LA « PERTE COLOSSALE » DES RESSOURCES DE L’ÉTAT

À l’occasion de la rentrée judiciaire, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde , a tiré la sonnette d’alarme. Son réquisitoire est sans appel : l’État congolais serait saigné à blanc par une série de malversations allant des marchés publics truqués aux opérations financières opaques.

La traditionnelle cérémonie de rentrée judiciaire en République Démocratique du Congo a pris cette année des allures de réquisitoire public. Firmin Mvonde , Procureur général près la Cour de cassation, a profité de cette tribune solennelle pour dénoncer, sans ambages, l’ampleur de la déperdition des fonds publics.

Son discours, cinglant, met en cause des pratiques endémiques au sein même de l’appareil d’État.

Le cri d’alarme contre les « marchés publics biaisés »

Devant la haute magistrature et les représentants des institutions, Mvonde a dressé un tableau sombre de la gouvernance financière du pays. Il a affirmé que « L’État perd des ressources colossales à cause des transactions irrégulières, des marchés publics biaisés et des opérations financières opaques ».

Cette déclaration choc est un aveu implicite que les mécanismes de lutte contre la corruption et le détournement n’ont pas encore eu l’effet escompté, malgré les efforts du pouvoir central.

Le Procureur général a spécifiquement mis en lumière trois vecteurs principaux de cette hémorragie financière :

  1. Les transactions irrégulières : Des opérations de l’État qui ne suivent pas les procédures légales ou réglementaires établies, permettant à des fonds d’être détournés.
  2. Les marchés publics biaisés : Des appels d’offres truqués, des ententes illégales et des surfacturations organisées au bénéfice d’intérêts privés, souvent en collusion avec des agents publics.
  3. Les opérations financières opaques : Des flux d’argent public manquant de transparence, échappant au contrôle des organismes de l’État.

L’engagement de la justice

Le discours de Firmin Mvonde est un signal fort envoyé à la classe politique et administrative. En exposant publiquement l’ampleur du problème, il réaffirme la détermination du Parquet à s’attaquer de front à la criminalité économique.

Ce rappel à l’ordre, dès l’ouverture de la nouvelle année judiciaire, met la pression sur les magistrats et les institutions de contrôle pour qu’ils multiplient les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption et de malversations. La crédibilité de l’État congolais dans sa lutte pour la bonne gouvernance est désormais étroitement liée à la capacité de la justice à traduire ces paroles en actes concrets et à récupérer les ressources colossales perdues.

Salomon BIMANSHA

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