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« FAKE NEWS » À LA PRÉSIDENCE : LE MYSTÈRE DES NOMINATIONS FANTÔMES DANS LES ENTREPRISES PUBLIQUES

Une rumeur insistante sur des nominations imminentes à la tête des grandes entreprises d’État a enflammé les cercles politiques et économiques de la capitale. La réaction de la Présidence de la République est cinglante et sans appel : « C’est une fake news », assène la porte-parole. Qui cherche à déstabiliser l’agenda présidentiel ?

Tina Salama Porte-parole du président Félix Tshisekedi .

Depuis plusieurs jours, un nom revenait avec insistance dans les couloirs du pouvoir et les war rooms des grandes entreprises publiques. Des listes, prétendument officielles, circulaient sous le manteau, annonçant des changements majeurs à la tête de sociétés stratégiques – de l’énergie aux infrastructures, en passant par les mines. La rumeur, alimentée par des sources anonymes, laissait entendre qu’un train de nominations était sur le point d’être signé par le président de la République. Le jeu des chaises musicales, traditionnellement générateur de tensions et d’espoirs brisés, semblait imminent.

Pourtant, la réponse de la Présidence est venue doucher sèchement l’enthousiasme – ou l’inquiétude – générale.  la porte-parole du président de la République a été catégorique.

« Il n’y a eu aucune nomination. Ces informations sont fausses. C’est une fake news manifeste. Le Président a un agenda clair de réformes et ce type de distraction n’en fait pas partie. »

Une formule ramassée qui vise à éteindre l’incendie médiatique et à recadrer le débat.

La manœuvre de déstabilisation

La question qui se pose désormais est simple : qui a intérêt à distiller de telles informations, et surtout, dans quel but ?

Dans un contexte de forte attente pour la réforme de la gouvernance des entreprises publiques, ces rumeurs pourraient servir plusieurs objectifs :

  1. Tester le Président : Mesurer la réactivité de l’entourage présidentiel et son empressement à céder à la pression politique.
  2. Déstabiliser les dirigeants actuels : En créant une incertitude, la rumeur fragilise la position des managers en place, ralentissant de facto les prises de décision stratégiques.
  3. Positionner des candidats : Des lobbys ou des partis politiques pourraient tenter de « pousser » des noms en les intégrant aux fausses listes, espérant que le simple fait de leur mention les rende crédibles aux yeux de l’opinion.

Selon nos informations, si l’idée de réorganiser la direction de certaines entreprises est bien à l’étude dans l’entourage présidentiel – cela fait partie de tout programme de bonne gouvernance –, aucune décision n’est finalisée, ni imminente. L’agenda est focalisé sur des dossiers plus lourds : la relance économique post-crise et les réformes structurelles.

La réaction rapide et ferme de la porte-parole est un signal fort. Elle indique que la Présidence est consciente des tentatives d’infiltration et de la circulation de la désinformation dans les cercles du pouvoir. Elle rappelle à tous que les nominations, lorsqu’elles auront lieu, se feront dans la plus grande transparence et non sous la dictée des rumeurs de couloir. En attendant, le message est clair : circulez, il n’y a (pour l’instant) rien à voir.

Salomon BIMANSHA

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