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RDC : Le coup de théâtre d’Aimé Boji, l’ancien bras droit de Kamerhe se lance à l’assaut du « Perchoir »

KINSHASA. Le séisme politique qui secoue Kinshasa depuis la démission de Vital Kamerhe de la présidence de l’Assemblée nationale connaît un nouveau rebondissement. Selon nos informations exclusives, Aimé Boji Sangara, jusqu’alors ministre d’État, ministre de l’Industrie au sein du gouvernement Suminwa II, a officiellement déposé sa démission pour se porter candidat à la succession de son ancien mentor. Un geste qui résonne comme un défi au sein de la majorité présidentielle.

La rupture feutrée

Longtemps considéré comme l’un des piliers de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et un fidèle parmi les fidèles de Vital Kamerhe, Aimé Boji a tracé son propre chemin, notamment en occupant des fonctions clefs au sein de l’Exécutif, dont celle de ministre du Budget pendant plus de quatre ans. Une expérience qui lui a conféré une stature d’homme d’État rigoureux, saluée même par ses détracteurs. Son passage à l’Industrie, bien que récent, n’aura été qu’une brève escale avant le grand saut.

Ce faisant, Aimé Boji n’est pas seulement un transfuge, il est un symbole. En se positionnant pour le « Perchoir », il incarne la volonté d’une frange de l’Union Sacrée de tourner la page de l’ère Kamerhe. « Il est temps d’avoir à la tête de la chambre basse un homme de consensus, capable d’incarner à la fois la rigueur dans la gestion et l’alignement sans faille sur la vision du Chef de l’État », confie un cadre de la majorité sous couvert d’anonymat. Une pique à peine voilée à Vital Kamerhe, contraint au départ par une pétition initiée en septembre.

L’héritier qui se mue en rival

Ironie de l’histoire, Boji est l’un des noms qui circulaient initialement comme un possible candidat de l’UNC pour conserver le poste. Cependant, l’UNC, affaiblie et divisée après le départ de son leader, peine à trouver un successeur unique, ouvrant la porte aux ambitions personnelles. La candidature d’Aimé Boji prend ainsi des allures de prise de contrôle de l’héritage politique du Kivu au sein des institutions nationales, tout en se démarquant d’une figure encombrante.

Sa démission du gouvernement Suminwa II, où il occupait un poste stratégique, est le signe d’une détermination sans faille. En choisissant de retrouver son siège de député national pour briguer la tête de l’Assemblée, Aimé Boji met fin à une incompatibilité de mandat qui aurait pu freiner ses ardeurs.

Une course ouverte aux multiples enjeux

L’élection du nouveau speaker de l’Assemblée nationale est bien plus qu’une simple désignation. Elle est une épreuve de force au sein de l’Union Sacrée, où les équilibres régionaux, les sensibilités politiques et les appétits personnels s’entrechoquent.

Aimé Boji, discret mais redoutablement efficace, avec son profil de technicien et son solide carnet d’adresses dans les milieux politico-financiers, se positionne comme le candidat surprise, celui qui pourrait rallier les voix des députés fatigués des querelles intestines et désireux d’un retour à une stabilité institutionnelle. Reste à savoir si son ancienne proximité avec Vital Kamerhe ne se transformera pas en boulet, ou si, au contraire, elle lui permettra de séduire une partie des troupes de l’UNC qui ne se reconnaissent pas dans les autres prétendants déclarés.

Le scrutin promet d’être serré. En se lançant dans la bataille, Aimé Boji signe un acte d’émancipation politique majeur. L’élève veut dépasser le maître et s’assoir sur le trône laissé vacant. La RDC est suspendue aux tractations des prochains jours.

Salomon BIMANSHA

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