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Alerte Économie : Le Franc s’apprécie, les prix résistent. Tshisekedi sonne la mobilisation générale pour la « baisse concrète »

Une embellie monétaire est en cours à Kinshasa, mais le panier de la ménagère tarde à s’alléger. Face à l’inertie du marché, le Président Félix Tshisekedi a réuni le sommet de l’exécutif économique pour forcer la main aux commerçants et garantir que la force retrouvée du Franc Congolais bénéficie enfin aux citoyens.

Kinshasa, Cité de l’Union Africaine. Mercredi 22 octobre 2025. L’atmosphère est à la fois studieuse et tendue. Autour du Président Félix Tshisekedi sont rassemblés les poids lourds de la gouvernance économique : la Première ministre, les ministres du Budget, de l’Économie nationale, des Finances, de l’Industrie ad interim, ainsi que le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC). L’objet de cette réunion de crise ? La « grande affaire de la baisse des prix ».

L’énigme du Franc fort

Depuis quelques semaines, un phénomène inattendu et bienvenu s’observe sur le marché des changes : le Franc Congolais (FC) a manifesté une appréciation notable face aux devises étrangères. La performance est à saluer, fruit d’une politique monétaire et budgétaire apparemment mieux coordonnée.

Or, dans un pays où le prix des importations est immédiatement indexé sur le taux de change, cette embellie aurait dû entraîner une détente automatique sur les étals des marchés. Mais le constat est cruel : cette baisse tarde, voire s’annule, sous l’effet de ce que le commun des mortels nomme la « gloutonnerie » des importateurs et des détaillants.

« Le Franc s’apprécie, mais le pouvoir d’achat n’en voit pas la couleur », pourrait-on résumer le malaise qui traverse la population.

L’injonction présidentielle : traduire la stabilité en assiettes pleines

La réunion de la Cité de l’UA est donc intervenue comme un signal fort de l’exécutif, qui refuse de laisser cette opportunité économique se volatiliser. L’objectif présidentiel est clair : garantir que l’appréciation du Franc Congolais se traduise par une baisse concrète des prix de première nécessité.

Deux secteurs sont dans le viseur du sommet économique :

  1. Les denrées alimentaires : Du riz au maïs, en passant par l’huile et le poisson, ces produits sont le baromètre direct du pouvoir d’achat.
  2. Les produits pétroliers : La baisse du prix à la pompe est jugée essentielle pour relâcher la pression sur l’ensemble de la chaîne logistique et de transport, impactant ainsi indirectement tous les autres prix.

Menace sur les spéculateurs

Pour mettre fin à l’inertie et à la spéculation, des mesures de contrôle des prix seront « renforcées ». Le mot d’ordre est donné aux ministres concernés : il ne s’agit plus de faire de la pédagogie, mais de l’application stricte de la loi et des marges. Le gouvernement semble prêt à sortir l’artillerie lourde pour forcer l’ajustement des prix à la réalité monétaire.

Cette mobilisation de haut niveau est un rappel sévère : la stabilisation macroéconomique n’a de sens que si ses bénéfices sont ressentis par la base. Désormais, le gouvernement s’engage dans une véritable guerre psychologique et économique contre ceux qui profitent de la volatilité pour maintenir leurs marges au détriment du pouvoir d’achat. Reste à savoir si la volonté politique affichée ce mercredi suffira à vaincre la résistance des mécanismes du marché et des habitudes spéculatives profondément ancrées. L’épreuve de vérité est désormais sur le terrain, dans les boutiques et les marchés de la République.

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