
Kinzau-Mvuete, Territoire de Seke-Banza (RDC) – Le Kongo Central, grenier potentiel de la République démocratique du Congo, s’apprête à tourner une page majeure dans son histoire économique. Le gouverneur de province a marqué d’une pierre blanche ce samedi en lançant officiellement les travaux de réhabilitation des routes de desserte agricole. Un événement qui n’est pas qu’une simple cérémonie, mais le signal fort d’une volonté politique d’autonomie et de développement local.
Une flotte d’engins, un pari sur l’autonomie
L’annonce est d’importance : les engins lourds qui sillonneront bientôt la province pour désenclaver les zones de production n’ont pas été acquis grâce à l’aide internationale ou à un prêt massif, mais sur les fonds propres de la province. Cette démarche est saluée par les observateurs comme un geste de souveraineté financière et une preuve de la capacité du Kongo Central à mobiliser ses ressources pour des projets structurants.
Chiffre Clé : L’état catastrophique des routes est l’un des principaux freins à l’écoulement des produits agricoles (manioc, maïs, bananes, etc.), provoquant d’énormes pertes post-récolte et maintenant les prix des denrées à un niveau élevé dans les centres urbains comme Kinshasa.
La logistique de la reconstruction : quatre brigades pour tout couvrir

Pour garantir l’efficacité et la rapidité des interventions, le matériel acquis – dont un échantillon a été présenté à la population de Kinzau-Mvuete – sera réparti en quatre brigades d’intervention. Cette organisation logistique a été pensée pour couvrir l’ensemble du territoire provincial, épousant le découpage des anciens districts et incluant les pôles urbains stratégiques :
- Brigade de Lukaya
- Brigade des Cataractes
- Brigade du Bas-Fleuve
- Brigade Boma-Matadi (Couvrant les deux villes importantes et leurs environs immédiats)
Chacune de ces brigades aura la mission de s’attaquer méthodiquement aux tronçons vitaux qui relient les bassins de production aux grands marchés. L’objectif n’est pas seulement de réparer l’existant, mais de jeter les bases d’une infrastructure durable qui puisse résister aux aléas climatiques.
Un enjeu crucial : Sécurité alimentaire et connectivité
La réhabilitation de ces routes de desserte agricole est plus qu’un projet d’infrastructure ; c’est un projet de société.
- Sécurité Alimentaire : En facilitant l’accès aux champs, les travaux vont réduire les coûts de transport, augmenter les marges des agriculteurs et, in fine, faire baisser les prix des denrées de base. Le Kongo Central, historiquement un fournisseur majeur de Kinshasa, pourra alors jouer pleinement son rôle.
- Désenclavement : Des milliers de villages jusque-là isolés seront reconnectés, améliorant l’accès aux services sociaux de base comme la santé et l’éducation.
- Dynamique Économique : L’entretien régulier des routes, qui sera assuré par ces nouvelles brigades, devrait générer des emplois locaux et stimuler une économie rurale jusqu’ici sous-développée.
Le coup d’envoi donné à Kinzau-Mvuete marque donc le début d’une course contre la montre pour transformer le potentiel agricole du Kongo Central en une réalité tangible, réduisant ainsi la dépendance de la capitale vis-à-vis des importations. Le pari est lancé : la route sera le moteur de la renaissance agricole.
Salomon BIMANSHA
