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Le DG de l’ACE, Delphin Lama, ressuscite ! Réhabilité par la nouvelle ministre après un bras de fer politique.

KINSHASA – Le feuilleton de l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE) connaît un dénouement inattendu. Suspendu en grande pompe il y a huit mois par l’ancienne ministre d’État, Eve Bazaiba, le Directeur Général, Delphin Lama, vient d’être réhabilité dans ses fonctions. L’acte a été posé ce vendredi 24 octobre 2025 par la nouvelle ministre de l’Environnement, développement durable et nouvelle économie du climat, Marie Nyange Ndambo.

Ce retour aux affaires, au-delà de la simple gestion administrative, révèle les tensions et les jeux d’influence qui minent les établissements publics en République Démocratique du Congo.

La légalité et l’ordre présidentiel

La décision de la Ministre Marie Nyange Ndambo, successeuse d’Eve Bazaiba, se fonde sur un double motif qui ne laisse aucune place au doute quant à la pression exercée :

  1. L’expiration de la période de suspension : La note de réhabilitation justifie l’acte par « l’expiration de la période de trois mois de suspension entrainant automatiquement la reprise d’activité de service de l’agent public ». Une lecture stricte des textes pour clore un dossier qui s’éternisait.
  2. L’instruction de la Présidence : Surtout, la Ministre a agi sur « les instructions de la présidence de la République ordonnant la levée de mesure de suspension pour préserver le fonctionnement harmonieux de l’établissement visé ». L’intervention directe de la plus haute autorité de l’État souligne l’importance stratégique de l’ACE, ou peut-être, l’ampleur du désordre interne.

L’ordre de la Présidence de la République tranche net dans ce conflit, privilégiant la nécessité de retrouver un « fonctionnement harmonieux » de l’Agence, essentielle dans un pays aux enjeux climatiques et environnementaux colossaux.

Les coulisses d’un règlement de comptes

Rappelons que la suspension de Delphin Lama, le 25 février dernier, était motivée par des « graves manquements aux devoirs réglementaires » dans sa gestion. Pourtant, le DG suspendu n’a jamais cessé de dénoncer un « règlement de comptes » pur et simple.

Selon lui, cette mise à l’écart serait la conséquence d’un véritable « encerclement politique ». Le DG Lama se disait victime de l’aile politique du MLC (Mouvement de Libération du Congo), le parti de Jean-Pierre Bemba, dont sont également membres l’ancienne ministre d’État (Eve Bazaiba), le PCA et le DGA de l’ACE. Un cocktail politique explosif au sein d’une structure censée être technique.

Ce contexte de forte politisation avait déjà rendu la cohabitation du DG avec son adjoint et la délégation syndicale « rouillée », pour reprendre ses propres termes. Le retour de Delphin Lama ne fait que confirmer que le conflit à la tête de l’ACE n’était pas seulement administratif, mais profondément politicien et partisan.

C’est donc dans ce décor de tensions persistantes, de rivalités politiques et de cohabitation forcée avec des adjoints issus d’un camp opposé, que Delphin Lama reprend les rênes de l’Agence. L’ordre est rétabli sur le papier, mais la tâche de Marie Nyange Ndambo sera désormais de veiller à ce que l’ACE retrouve une sérénité indispensable pour remplir sa mission environnementale. Le chantier s’annonce complexe.

Salomon BIMANSHA

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