Face à la résurgence des combats dans l’Est, le gouvernement de la République démocratique du Congo a publiquement démenti les allégations des rebelles du M23/AFC, tout en pointant du doigt l’implication directe de Kigali. Un bras de fer diplomatique et militaire où Kinshasa réaffirme le « devoir sacré » de protéger sa souveraineté.
Kinshasa. La tension est à son comble dans l’est de la RDC. Alors que le front s’embrase, le gouvernement congolais a choisi la contre-attaque verbale et diplomatique. Dans une déclaration ferme, Kinshasa a dénoncé avec la plus grande vigueur les récentes allégations proférées par le mouvement rebelle M23 et sa coalition de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
🗣️ Démenti et accusation de subversion
Le M23/AFC, menant une offensive meurtrière dans le Nord-Kivu, tente régulièrement de justifier ses actions par des accusations lancées contre les autorités centrales. Ces allégations – qui visent souvent à délégitimer l’action de l’armée congolaise (FARDC) – ont été sèchement démenties par le gouvernement.
Mais le communiqué ne s’est pas arrêté là. Il a réitéré une charge devenue récurrente : l’« appui militaire » dont bénéficierait le M23/AFC, et qui proviendrait directement du Rwanda. Pour Kinshasa, il ne s’agit plus de simples incursions, mais d’une agression par procuration visant à déstabiliser l’intégrité territoriale du pays.
Cette accusation, si elle est loin d’être nouvelle, est réaffirmée avec une force particulière. Elle place le conflit sur le terrain de la guerre interétatique et non plus seulement sur celui d’une rébellion interne.
🛡️ Le « devoir sacré » de l’État
Face à cette menace perçue comme existentielle, le gouvernement congolais se drape dans les principes fondamentaux de l’État :
« Le Gouvernement affirme avoir pour devoir sacré de protéger la population et réaffirme que sa priorité reste le rétablissement de l’intégrité du territoire national. »
C’est un rappel solennel du contrat social et de la mission régalienne de l’armée. Il s’agit de rassurer une population épuisée par des décennies de conflit, mais aussi de justifier toute action militaire à venir.
Le langage est clair : l’objectif est le rétablissement total de l’intégrité du territoire, et ce, dans le « strict respect du droit et de la souveraineté de la République démocratique du Congo ». Une manière de contrer les critiques internationales, tout en maintenant la pression sur le Rwanda et ses présumés alliés.
L’escalade verbale et militaire place la région des Grands Lacs dans une situation de haute volatilité. La RDC, forte de sa légitimité, continue de mobiliser la communauté internationale pour que des sanctions ou, du moins, des pressions plus importantes soient exercées sur Kigali. La bataille est désormais autant sur le terrain qu’à la tribune de l’ONU.
Salomon BIMANSHA
