Home / Politique / Palais du Peuple : Aimé Boji, le choix de la raison pour l’Union Sacrée

Palais du Peuple : Aimé Boji, le choix de la raison pour l’Union Sacrée

IL’Union Sacrée de la Nation (USN), la plateforme au pouvoir en RDC, a désigné Aimé Boji comme son candidat unique pour la présidence de l’Assemblée nationale. Un choix qui n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un dosage politique et stratégique subtil orchestré par la Majorité.

Kinshasa. La succession à la tête de la chambre basse du Parlement congolais s’est décidée loin des estrades, dans les arcanes de la coalition présidentielle. L’Union Sacrée de la Nation (USN), forte de sa majorité écrasante, a mis fin au suspense en désignant Aimé Boji Sangara pour briguer le perchoir. Il sera donc, sauf coup de théâtre, le prochain président de l’Assemblée nationale.

🎯 Le profil du technicien

Aimé Boji, un nom qui résonne avec l’austérité budgétaire. Ancien ministre d’État, ministre du Budget (2021-2025) puis brièvement à la tête du portefeuille de l’Industrie, M. Boji est avant tout un technicien respecté et un fin connaisseur des dossiers de l’État.

Originaire du Sud-Kivu, et membre de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) – le parti de l’ancien président Vital Kamerhe – il incarne un double avantage stratégique :

  1. L’équilibre régional : En le choisissant, l’Union Sacrée maintient une représentation forte de l’Est du pays à un poste institutionnel majeur.
  2. La fidélité : Bien qu’issu de l’UNC, Aimé Boji est réputé pour sa proximité et sa loyauté indéfectible au Président Félix Tshisekedi, dont il a été un rouage essentiel dans la gestion économique et financière du gouvernement.

Son passage au Budget a été marqué par une hausse historique des recettes et du budget national, un bilan mis en avant par l’entourage présidentiel comme gage de rigueur et d’efficacité.

🤫 Un consensus en coulisses

La désignation de M. Boji est l’aboutissement d’un processus de consensus politique au sein de la Majorité. Le président Tshisekedi, en consolidant son pouvoir après les élections, devait choisir un homme capable non seulement d’assurer la discipline parlementaire, mais aussi de verrouiller l’agenda législatif de la seconde moitié de son mandat.

En optant pour un candidat unique, l’Union Sacrée écarte d’emblée toute division interne qui aurait pu affaiblir sa position. C’est un signal clair : l’USN marche unie pour la conquête des postes de commandement.

L’élection formelle à l’Assemblée nationale n’est désormais plus qu’une formalité pour Aimé Boji. Le véritable enjeu sera d’assurer l’équilibre au Palais du Peuple, entre les impératifs de la Majorité et le besoin d’un débat démocratique crédible. Après des années passées à compter les deniers de l’État, Aimé Boji devra désormais compter les voix des députés, un exercice qui promet d’être moins aride que l’élaboration d’une loi de finances.

Salomon Bimansha

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *