Home / Sud-Kivu / L’Élan de Paris, 1,5 Milliard de Promesses et la Ligne de Vie de Goma

L’Élan de Paris, 1,5 Milliard de Promesses et la Ligne de Vie de Goma

Par notre correspondant international

Le sommet de Paris sur la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) a accouché d’un résultat sonnant et trébuchant, loin des habituelles déclarations d’intention. L’annonce, faite par le président français Emmanuel Macron, de 1,5 milliard de dollars (ou d’euros, les sources divergent légèrement) de promesses de financement pour répondre à l’urgence humanitaire et stabiliser la région des Grands Lacs, est un signal fort envoyé à Kinshasa et à la communauté internationale.

Ce montant, s’il se concrétise intégralement et rapidement, est une bouffée d’oxygène pour un pays en proie à une crise humanitaire endémique, aggravée par les conflits dans l’Est. Il témoigne d’une prise de conscience renouvelée, peut-être, de l’ampleur de la détresse des populations déplacées et victimes des violences.


Le Verrou de Goma Sauté : Un Symbole Fort

Mais au-delà du chèque, l’autre annonce majeure concerne un point névralgique du drame congolais : l’aéroport de Goma. La réouverture aux vols humanitaires légers est une victoire symbolique et logistique cruciale.

  • Une Ligne de Vie Coupée : Depuis des semaines, voire des mois, les restrictions ou l’arrêt complet du trafic aérien à Goma, porte d’entrée vitale pour l’aide internationale vers le Nord-Kivu, paralysaient l’acheminement des vivres, des médicaments et l’évacuation des blessés.
  • Logistique de l’Urgence : La reprise des vols, même « légers », signifie que la chaîne logistique de l’urgence peut être relancée. C’est l’accès à des milliers de déplacés qui est en jeu.
  • Le Geste Politique : L’implication directe de la France et l’annonce par son président soulignent la pression internationale exercée pour débloquer cette situation, souvent instrumentalisée ou entravée par la complexité du terrain et des acteurs armés.

🔎 La Question Cruciale du Suivi

L’histoire de l’aide internationale est pavée de promesses non tenues ou de fonds mal gérés. Le véritable enjeu, pour le gouvernement congolais comme pour les donateurs, réside désormais dans la traçabilité et l’efficacité de ces 1,5 milliard de dollars.

Le Point est clair : il ne s’agit pas seulement de financer l’urgence, mais de s’attaquer aux racines de l’instabilité. Ces fonds devront être fléchés vers :

  1. L’aide directe aux populations (santé, nourriture, abris).
  2. La consolidation de la paix et des efforts de médiation.
  3. Le soutien à la souveraineté congolaise sur son territoire.

L’optimisme est de mise, mais il doit rester prudent. La crise de la RDC est structurelle et les engagements d’un jour ne suffiront pas. Il faudra une feuille de route claire, des indicateurs précis et une surveillance rigoureuse pour que l’élan de Paris ne se transforme pas en mirage. L’ouverture de l’aéroport de Goma est un premier pas, concret. À présent, le marathon commence.

Salomon BIMANSHA

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *