
SANTÉ PUBLIQUE. La capitale congolaise est confrontée à une prolifération inquiétante des interventions esthétiques sauvages, notamment le fameux Brazilian Butt Lift (BBL). Face au danger, un élu monte au créneau pour interpeller le gouvernement.
Kinshasa, la mégalopole aux mille visages, voit émerger un phénomène de société dangereux : la multiplication des interventions de chirurgie esthétique, souvent pratiquées dans des conditions alarmantes. Le Brazilian Butt Lift (BBL), ou lipofilling fessier, est devenu l’intervention star, promettant des silhouettes généreuses à une population avide de répondre aux canons de beauté importés. Mais derrière le rêve d’une transformation physique se cache une réalité médicale effrayante.
Le Laissez-faire Dénoncé
C’est fort de ce constat que le Député Guy Mafuta Kabongo a décidé d’interpeller avec virulence le ministre de la Santé. Dans une question orale adressée au gouvernement, l’élu dénonce le « laisser-faire » des autorités face à ces pratiques qui mettent en péril la vie de nombreuses jeunes femmes.
Le cœur du problème réside dans la prolifération des structures non autorisées. Ces cliniques ou cabinets improvisés opèrent en marge de toute réglementation, sans les équipements sanitaires nécessaires, et souvent avec un personnel médical non qualifié pour des actes aussi lourds. Les conséquences sont dramatiques : complications post-opératoires graves, infections, et dans les cas les plus extrêmes, des décès.
« Nous ne pouvons tolérer que des vies soient sacrifiées sur l’autel de la vanité et de la cupidité, sans que les autorités compétentes n’interviennent, » a-t-il affirmé en substance.
Demande d’Éclaircissements et de Sanctions
L’interpellation du Député Mafuta n’est pas qu’un simple coup de semonce. Elle se veut un appel à l’action. Il exige du ministre de la Santé non seulement des éclaircissements sur l’étendue réelle du phénomène et sur les mesures prises jusqu’à présent, mais surtout l’application de sanctions exemplaires.
L’élu demande au gouvernement :
- De recenser et de fermer immédiatement toutes les structures illégales pratiquant la chirurgie esthétique.
- De rendre publiques les normes d’accréditation et de s’assurer que seuls les établissements légalement reconnus opèrent.
- D’engager des poursuites contre les responsables de ces pratiques dangereuses afin de protéger la population.
Cette démarche politique souligne l’urgence d’un encadrement strict du secteur de la chirurgie esthétique à Kinshasa. Le ministre de la Santé est désormais sommé de répondre et de proposer un plan d’action pour mettre fin à ce qui est devenu, de fait, une crise de santé publique.
Salomon BIMANSHA
