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Diplomatie Congolaise : L’Épuisant Empilement des Principes à Doha

Doha, 15 novembre. L’épuisement n’est plus seulement celui des négociateurs, mais celui d’un processus diplomatique qui semble s’être pris à son propre piège. L’annonce récente d’un « accord de principe » qui vient se superposer à celui du 27 juin sonne moins comme une avancée que comme une nouvelle couche d’illusion.

L’analyse, cinglante, vient de Delly Sessanga, figure politique congolaise, qui dénonce une dérive sémantique masquant une inertie profonde. Pour Sessanga, l’équation est simple et brutale : « Un accord de principe sur un autre accord de principe ne vaut rien ! »

L’Écran de Fumée Diplomatique

Ce n’est plus, selon lui, de la diplomatie active et efficace, mais un simple « vœu pieux ». L’empilement des principes, des protocoles, et des déclarations d’intention est devenu un écran de fumée. Un artifice destiné à masquer ce qui est désormais une évidence : les limites structurelles des processus menés à Doha et à Washington.

Alors que la communauté internationale salue chaque nouvelle signature comme un pas en avant, Sessanga dénonce une fuite en avant. Ces multiples engagements théoriques n’ont, pour l’heure, qu’un seul effet concret sur le terrain : maintenir un statu quo désastreux.

Le Déni et les Vases Communicants

Le temps des faux-semblants est révolu. L’appel est clair : « Il est temps de sortir du déni et de regarder la réalité en face. »

Car l’impasse diplomatique actuelle n’est pas sans conséquence. Elle alimente deux phénomènes, décrits comme des « vases communicants d’une même réalité » :

  1. La bunkerisation à Kinshasa : L’incapacité à débloquer la situation à l’Est conduit le pouvoir central à se retrancher et à durcir sa position, potentiellement au détriment de l’ouverture politique nécessaire.
  2. La balkanisation continue à l’Est : L’absence de solution politique effective et l’échec des accords de façade laissent le champ libre aux forces armées et aux groupes d’intérêts qui continuent de fragmenter et de déstabiliser l’est du pays.

Pour Sessanga, la seule et unique issue viable à cette « tragédie » ne réside pas dans la chasse incessante aux protocoles introuvables. Elle passe impérativement par « un dialogue inclusif ».

En clair, l’élégance des principes signés dans les capitales lointaines ne peut remplacer la nécessité d’une véritable assise politique interne, capable d’engager toutes les parties prenantes dans une solution durable et non dans un cycle interminable de déclarations d’intentions.

Salomon BIMANSHA

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