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Scandale Budgétaire en RDC : Les 1,2 Milliard USD de la Rectificative qui Révèlent l’Impréparation de l’État

Kinshasa – La République Démocratique du Congo, déjà en proie à des défis sécuritaires et socio-économiques colossaux, se retrouve au cœur d’un nouveau scandale. L’alerte vient d’un homme qui manie les chiffres avec une rigueur implacable : l’Honorable Député Gratien IRACAN. Ce dernier a mis en lumière, s’appuyant sur les révélations de la Cour des comptes, un ajustement budgétaire en cours d’année d’une ampleur sidérante.

Le Gouvernement a discrètement présenté une loi de finances rectificative pour 2024, portant le budget initial de 40 986 milliards CDF (14,64 milliards USD) à 44 410 milliards CDF (15,86 milliards USD).

L’écart est de 3 424 milliards de CDF, soit l’équivalent de 1,22 milliard de dollars américains.

Le Choc des Chiffres : Une Impréparation « Totale »

Dans un pays où la moindre dépense publique est scrutée à la loupe, cette rectification en plein exercice budgétaire soulève une question fondamentale : comment un gouvernement peut-il manquer à ce point sa prévision initiale ?

Comme le souligne le Député IRACAN , rectifier un budget d’un tel montant – 1,2 milliard USD – n’est pas un simple ajustement technique. C’est le « signe d’une impréparation totale, d’un budget politique, et d’un État qui navigue à vue. »

En termes de gestion publique, un tel décalage est une anomalie grave, jetant un doute sérieux sur la crédibilité des politiques économiques de l’exécutif. La loi de finances, document clé de la souveraineté nationale, semble avoir été élaborée non pas sur la base d’une analyse rigoureuse des besoins et des capacités, mais sur des estimations hâtives ou, pire, des considérations purement politiques.

L’Insincérité Budgétaire, l’Élément le Plus Grave

Le nœud du problème ne réside pas uniquement dans l’erreur de prévision, mais dans la nature même du budget rectificatif.

Dans une économie fragile comme la RDC, un collectif budgétaire est censé être un outil de correction : il doit réadapter le budget à la réalité, souvent en revoyant les dépenses à la baisse face à des recettes insuffisantes, ou en redistribuant les crédits pour corriger des écarts imprévus.

Or, le Gouvernement a choisi la voie de l’augmentation : un collectif « à la hausse » qui, selon le Député IRACAN, est présenté « sans nouvelles ressources vérifiables. »

« C’est un signe d’insincérité budgétaire : on gonfle les chiffres pour couvrir les dépassements, pas pour renforcer la gouvernance. »

Gratien IRACAN, Député

Cette pratique est d’une gravité institutionnelle majeure. Elle suggère que l’augmentation des crédits n’a pas pour objectif de financer des projets nouveaux ou prioritaires ayant émergé en cours d’année, mais de légaliser a posteriori des dépassements de crédits déjà effectués. En clair, on régularise des dépenses engagées hors du cadre légal.

Conclusion : Un Pays « Gouverné Sans Cap »

Le constat du Député IRACAN est cinglant et sans appel : « La gravité est là : le pays est gouverné sans cap et sans rigueur. »

Dans un contexte de forte demande sociale et de défis sécuritaires dans l’Est, la rigueur budgétaire n’est pas une option, c’est une obligation. Les 1,2 milliard USD rectifiés représentent une somme colossale qui aurait pu être allouée, avec une planification saine, à l’éducation, à la santé ou à la défense nationale.

La Cour des comptes a fait son travail en soulevant cette anomalie. Il appartient désormais au Parlement de jouer son rôle de contrôle en exigeant du Gouvernement des explications détaillées et vérifiables sur l’origine des dépassements et la nature des ressources qui sont censées couvrir cette augmentation de 3 424 milliards CDF. Faute de cela, ce scandale passera d’une simple impréparation à une véritable crise de confiance dans la gestion des deniers publics.

Salomon BIMANSHA

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