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RDC-Qatar : L’axe Kinshasa-Doha se renforce entre business et diplomatie de la paix

KINSHASA. Arrivé ce vendredi pour une visite historique, l’émir Tamim Ben Hamad Al Thani a scellé avec Félix Tshisekedi une série d’accords économiques majeurs, tout en étant salué pour son rôle clé dans la pacification de l’Est congolais.

C’est une image forte, symbole d’un basculement géopolitique. Ce vendredi, en milieu de matinée, le tapis rouge a été déroulé sur le tarmac de l’aéroport international de N’djili pour accueillir Son Altesse Sheikh Tamim Ben Hamad Al Thani. Pour cette première visite officielle d’un émir du Qatar en République Démocratique du Congo (RDC), le président Félix Antoine Tshisekedi a tenu à faire le déplacement en personne, réservant un accueil particulièrement chaleureux à son hôte.

Loin des simples formalités protocolaires, cette rencontre marque une accélération fulgurante de l’axe Kinshasa-Doha. Après l’accueil, les deux chefs d’État ont pris la direction de la Cité de l’Union Africaine pour un tête-à-tête dense, balayant les enjeux économiques et sécuritaires de l’heure.

L’architecte de la paix dans l’Est

Si l’économie était au cœur des discussions, c’est bien le dossier sécuritaire qui a donné à cette visite sa dimension politique. Lors de l’entretien, Félix Tshisekedi a vivement remercié l’émir pour l’efficacité de la « méthode Doha ». Le Qatar, devenu un médiateur incontournable sur la scène internationale, a en effet réussi là où beaucoup ont échoué.

Le président congolais a salué les efforts de l’Émir ayant abouti à la signature, le 15 novembre 2025 à Doha, de l’Accord-cadre entre le gouvernement de la RDC et la coalition AFC/M23. Ce succès diplomatique, fruit du « Processus de Doha », offre une lueur d’espoir pour la stabilité dans l’Est du pays, une région meurtrie par des décennies de conflits.

Une moisson de six accords stratégiques

Le pragmatisme qatari s’est ensuite traduit par la signature, sous la supervision des deux dirigeants, de six accords bilatéraux touchant des secteurs névralgiques.

1. Infrastructures et logistique : C’est sans doute l’accord le plus structurant. Un protocole d’entente a été signé entre Mwani Qatar (Qatar Ports Management Company) et l’ONATRA SA. L’objectif est clair : moderniser les infrastructures portuaires congolaises pour désenclaver l’économie nationale.

2. Humanitaire et urgence : En écho direct à la situation sécuritaire, le Fonds du Qatar pour le développement s’est engagé via un mémorandum avec le ministère des Affaires sociales de la RDC. Ce soutien financier vise un projet de réponse d’urgence multisectorielle au Sud-Kivu, province directement impactée par les crises humanitaires.

3. Diplomatie et Justice :

  • Visas : Les barrières administratives tombent pour les officiels. Un accord d’exemption de visas a été acté pour les détenteurs de passeports diplomatiques et spéciaux des deux pays.
  • Politique : Un protocole instituant des consultations politiques régulières a été établi entre les ministères des Affaires étrangères respectifs, garantissant un dialogue continu sur les questions d’intérêt mutuel.
  • Justice : Une coopération juridique a été officialisée entre les ministères de la Justice des deux États.

Enfin, un cinquième volet consacre la coopération dans les domaines de la jeunesse et des sports, misant sur le « soft power » pour rapprocher les peuples congolais et qatari.

Avec cette visite éclair mais substantielle, Félix Tshisekedi et Sheikh Tamim Ben Hamad Al Thani ne se sont pas contentés de poignées de main ; ils ont posé les jalons d’un partenariat diversifié, où les investissements du Golfe viennent soutenir la reconstruction et la pacification du géant d’Afrique centrale.

Salomon BIMANSHA

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