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RDC : Le Lualaba, dix ans de métamorphose pour le « poumon du monde »

Née du découpage territorial de 2015, la province du Lualaba célèbre sa première décennie ce Samedi . En dix ans, ce qui n’était qu’une subdivision administrative est devenu le pivot de la croissance congolaise. Sous l’impulsion de Fifi Masuka Saini, Kolwezi ne se contente plus d’extraire : elle bâtit, attire et s’affirme.

En 2015, l’acte de naissance de la province du Lualaba ressemblait, pour les sceptiques, à un simple redécoupage bureaucratique. Dix ans plus tard, le constat est sans appel : la province s’est imposée comme le moteur thermique de la République démocratique du Congo. Entre gisements de classe mondiale et chantiers d’infrastructures titanesques, le Lualaba n’est plus seulement une entité géographique, c’est une marque de souveraineté économique.

La « méthode Masuka » : Un bilan en béton et en acier

Au cœur de cette ascension, une figure s’impose : Fifi Masuka Saini. Sous son leadership, la province a opéré une mue spectaculaire. L’enjeu de ce dixième anniversaire dépasse la simple commémoration ; il s’agit de valider un modèle de gestion.

Le bilan est visible à l’œil nu. Kolwezi, la capitale mondiale du cobalt, s’est transformée en un laboratoire urbain.

  • Infrastructures de pointe : Des routes bitumées là où régnaient la poussière et l’enclavement, la modernisation de l’aéroport national de Kolwezi, et l’érection de bâtiments administratifs dignes d’une puissance régionale.
  • Investissements sociaux : Au-delà des mines, la stratégie s’est portée sur l’accès à l’éducation et la santé, avec la construction d’écoles et de centres hospitaliers, visant à transformer la rente minière en dividende social pour les populations locales.

Le hub mondial du cobalt : Un aimant pour les capitaux

Le Lualaba ne joue pas seulement dans la cour nationale. Avec des réserves de cuivre et de cobalt (indispensable à la transition énergétique mondiale) qui font de lui un acteur géostratégique majeur, la province est devenue le point de passage obligé des géants miniers internationaux.

L’affirmation de ce leadership ne doit rien au hasard. En stabilisant le cadre des affaires et en garantissant une certaine lisibilité institutionnelle, la province a su renforcer son attractivité. Aujourd’hui, les investisseurs, qu’ils viennent de l’Occident ou de l’Asie, ne voient plus le Lualaba comme une zone à risque, mais comme un partenaire incontournable. L’enjeu est clair : transformer ce flux de capitaux en une industrie de transformation locale pour capter davantage de valeur ajoutée.

Cap sur 2035 : Les défis de la maturité

Certes, le chemin parcouru en une décennie est impressionnant, mais les défis de la prochaine étape sont de taille. Pour maintenir son rang, le Lualaba devra accentuer la diversification de son économie pour ne plus dépendre uniquement de la volatilité des cours des métaux. La cohésion sociale, nourrie par une redistribution toujours plus équitable des richesses, restera le socle de cette stabilité.

En dix ans, le Lualaba a prouvé que le découpage territorial pouvait être le catalyseur d’un développement endogène réussi. Pour Fifi Masuka Saini, l’heure est à la consolidation d’un héritage : celui d’une province qui ne se contente plus de porter l’économie de la RDC, mais qui lui montre la voie de la modernité.

Salomon BIMANSHA

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