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Scandale à  Transco : Poulets avariés et arriérés de salaire, le cocktail explosif

C’est une affaire qui fait désordre au sein de la société de transport public congolais. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, les agents de  Transco dénoncent une « humiliation de trop » : une gratification en viande avariée sur fond de crise sociale profonde.

Une gratification au goût amer

L’alerte a été donnée par les agents eux-mêmes, photos et témoignages à l’appui. Ce qui devait être un geste de reconnaissance pour une année de labeur s’est transformé en cauchemar sanitaire. Plusieurs cadres et agents de  Transco ont reçu, en guise de gratification, des cartons de poulets jugés « impropres à la consommation ». L’odeur de putréfaction qui se dégageait des colis a rapidement mis le feu aux poudres.

Face au tollé, la direction n’a eu d’autre choix que de réagir. Mis en cause, le Directeur Administratif et Financier (DAF) et le Directeur des Ressources Humaines (DRH) se défaussent. Selon eux, la responsabilité incomberait exclusivement au fournisseur. Une ligne de défense qui peine à convaincre les syndicats, lesquels s’interrogent sur les procédures de contrôle de qualité au moment de la réception des stocks.

Dans une note interne aux allures de rétropédalage, la direction demande désormais à « tous ceux qui ont été servis de restituer les colis auprès des équipes de distribution ». Un rappel qui sonne comme un aveu d’échec.

« Sept mois sans salaire, c’est intenable »

Mais au-delà de cet incident « aviaire », c’est le malaise social qui ronge l’entreprise. Car si le poulet est pourri, le climat social l’est tout autant. Les agents affirment cumuler sept mois d’arriérés de salaire. Un abandon total de la part de la hiérarchie et de l’État, selon leurs dires.

« Un salaire de 400 000 francs congolais (environ 140 USD), c’est déjà insuffisant pour tenir une seule semaine. Alors, quand vous passez trois mois — ou sept — sans être payé, cela devient tout simplement intenable », témoigne, amer, un agent sous couvert d’anonymat.

Une gestion sous le feu des critiques

Entre les bus immobilisés pour manque de pièces de rechange et les grèves à répétition, la Transco traverse une zone de turbulences sans précédent. Pour les observateurs, ce scandale des poulets avariés n’est que la face émergée de l’iceberg d’une gestion jwugée opaque et défaillante.

Pendant que les bus bleus continuent de sillonner tant bien que mal les artères de la capitale, le moral des troupes, lui, est au point mort. À Transco, le Père Noël a cette année une odeur de soufre.

Salomon BIMANSHA

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