
FAITS DIVERS. Une jeune diplômée, Bénédicte Mananga, a perdu la vie après avoir été percutée par le véhicule d’un officier de police. Alors que le chauffard est en fuite, la commune de Bumbu crie à l’injustice.
C’est un quartier plongé dans la stupeur et la colère. Le décor : l’avenue Yonso, à Bumbu, juste en face des murs gris de la prison centrale de Makala. C’est ici, sur cet axe fréquenté, que le destin de Bénédicte Mananga a basculé dans l’horreur.
Une manœuvre fatale
Les faits, rapportés par plusieurs témoins oculaires, sont d’une brutalité sourde. Un policier, habituellement affecté au poste de l’avenue Kibunda, effectuait une manœuvre au volant de son véhicule. Dans un instant d’inattention ou d’imprudence qui reste à déterminer, il a violemment percuté la jeune femme.
Transportée en urgence vers la structure hospitalière la plus proche, Bénédicte Mananga n’a pas survécu à ses blessures. Son décès a été constaté peu après son admission, laissant derrière elle une famille dévastée et des proches sous le choc.
L’avenir brisé d’une jeune diplômée
La tragédie prend une résonance encore plus amère au regard du profil de la victime. Bénédicte Mananga n’était pas seulement une résidente du quartier ; elle incarnait l’espoir et la réussite. Fraîchement diplômée de l’université, elle s’apprêtait à entrer dans la vie active après des années de sacrifices et d’études. Un avenir prometteur fauché net sur le bitume de Bumbu.
Le suspect en fuite, la justice réclamée
Au-delà de l’accident, c’est le comportement de l’agent impliqué qui alimente aujourd’hui l’indignation. Selon les informations recueillies sur place, le policier n’a pas été retrouvé depuis le drame. Cette fuite, vécue comme une insulte à la mémoire de la victime, complique l’enquête et renforce le sentiment d’impunité souvent reproché aux forces de l’ordre dans des contextes similaires.
« Nous voulons que la lumière soit faite. On ne peut pas tuer une enfant qui vient de finir ses études et disparaître dans la nature parce qu’on porte un uniforme », s’insurge un proche de la famille.
La famille Mananga, digne dans sa douleur, a officiellement demandé que justice soit rendue. Elle appelle les autorités policières et judiciaires à prendre leurs responsabilités pour localiser l’agent et établir les circonstances exactes de ce qu’ils qualifient de « tragédie insupportable ».
À Bumbu, l’émotion reste vive. La mort de Bénédicte est un rappel cruel de la précarité de la sécurité routière et de l’exigence d’exemplarité qui devrait peser sur ceux qui ont pour mission de protéger la population.
Salomon BIMANSHA
