
RÉCIT. Condamné à mort ce jeudi, Josué Kaniki a terrorisé la commune de Kisenso. Entre dettes impayées, dérive psychologique et cannibalisme, retour sur un fait divers qui dépasse l’entendement.
C’est une odeur. Une effluve âcre, lourde, qui finit par trahir l’innommable. Dans le quartier populaire de Kisenso, à Kinshasa, le voisinage pensait d’abord à une canalisation bouchée ou à la mort d’un animal errant. La réalité était infiniment plus sombre. Derrière la porte d’un appartement sans histoire, Josué Kaniki, la trentaine, veillait sur un secret macabre : les restes de sa propre mère, soigneusement découpés et entreposés dans le congélateur familial.
Le verdict du sang
La justice congolaise n’a pas tremblé. Ce jeudi 26 février 2026, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Matete a rendu son verdict dans une atmosphère de tension extrême. Jugé en procédure de flagrance, Josué Kaniki a été condamné à la peine de mort.

Le réquisitoire, accablant, a mis en lumière l’indicible : au-delà du matricide, le prévenu a écopé de trois ans de prison supplémentaires pour anthropophagie. L’homme ne s’est pas contenté de supprimer celle qui lui a donné la vie ; il aurait consommé une partie de ses restes. Le tribunal a également ordonné son arrestation immédiate et le versement de 50 000 dollars de dommages et intérêts à la partie civile.
10 000 dollars pour une vie
Comment en arrive-t-on là ? Le profil de Kaniki dessine celui d’un homme déraciné, en rupture de ban. Récemment refoulé d’Europe, il était revenu vivre au crochet de sa mère, une sexagénaire dont le seul tort aura été d’héberger son fils prodigue.
L’élément déclencheur ? Une banale, mais violente, dispute financière. Une dette de 10 000 dollars aurait mis le feu aux poudres. Dans un accès de rage, le fils étrangle sa mère. Ce qui suit relève du film d’horreur :
- La découpe : Le corps est dépecé avec méthode.
- La dissimulation : Certains morceaux sont brûlés pour tenter de masquer l’odeur.
- Le stockage : Le reste est placé au frais, entre les aliments du quotidien.
« C’était un homme solitaire depuis son retour d’Europe, témoigne un membre de l’administration locale. Mais personne n’aurait pu imaginer une telle bascule dans la barbarie. »
Un miroir des failles sociales
L’affaire Kaniki soulage la commune de Kisenso mais laisse un goût amer. Elle pose la question de la prise en charge des expulsés, souvent perçus comme des parias ou des échecs vivants, et de la violence latente dans une société où la pression économique exacerbe les tensions intra-familiales.
Pour Josué Kaniki, le voyage s’arrête ici, entre les murs d’une cellule, loin des rêves européens et du confort de l’appartement maternel qu’il a transformé en abattoir.
Salomon BIMANSHA
