
L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) a annoncé mercredi qu’une incursion armée a visé le quartier général du parc de l’Upemba. Le bilan est lourd : cinq gardes ont été tués.
C’est un communiqué au ton grave, frappé du sceau de la Direction générale de l’ICCN, qui est tombé ce mercredi 4 mars. Dans la province du Haut-Lomami, le sanctuaire de la biodiversité qu’est le Parc National de l’Upemba vient de basculer dans l’horreur. Mardi 3 mars, un groupe d’assaillants « non identifiés » a pris d’assaut la station de Lusinga, cœur battant de la réserve.
Un bilan humain et matériel dramatique
Le mode opératoire décrit témoigne d’une violence brutale. Si les forces de défense et de sécurité (FARDC) ont repris le contrôle total du site en quelques heures, le prix payé est exorbitant :
- Cinq agents du parc sont tombés sous les balles, « sacrifiant leur vie pour la défense de la souveraineté environnementale », souligne le texte.
- Les infrastructures ont subi des destructions massives.
- Le matériel de surveillance, vital pour la lutte contre le braconnage, a été systématiquement pillé.
Un sanctuaire sous haute tension
Au-delà de la tragédie humaine, c’est une attaque contre un « patrimoine commun de l’humanité ». Le Directeur Général de l’ICCN, Milan Ngangay Yves, a dénoncé une violation flagrante des conventions internationales qui font des aires protégées des zones de neutralité.
En République Démocratique du Congo, les parcs nationaux sont devenus de véritables lignes de front. Entre les groupes armés qui se financent par le trafic de ressources naturelles et les milices locales, les « écogardes » font office de dernier rempart, souvent au péril de leur vie.
L’impunité en question
La cellule de crise activée à Kinshasa promet que cet « acte de barbarie ne restera pas impuni ». Mais dans cette région complexe, l’identification des coupables reste un défi majeur. Pour l’ICCN, l’enjeu est désormais double : sécuriser ses cadres dans le respect des droits humains et maintenir son engagement pour la préservation des écosystèmes, alors que la menace sécuritaire n’a jamais semblé aussi pressante.
Salomon BIMANSHA
