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Institut « Les Points » : Dans les secrets de la machine Frédéric PANDA

Frédéric Panda, le responsable du baromètre Les Points

PORTRAIT. À la tête de l’institut « Les Points », cet analyste à la repartie facile s’est imposé comme le thermomètre incontournable de la vie publique en RD Congo. Entre rigueur statistique et tempêtes politiques, immersion dans les cuisines du sondage à la congolaise.

C’est un bureau où le tumulte de Kinshasa semble s’apaiser pour laisser place aux chiffres. Frédéric Panda, costume impeccable et regard aux aguets, n’est pas un homme de slogans, mais de pourcentages. Dans un pays où l’opinion est souvent réduite à la rumeur des « Grands Prêtres » des réseaux sociaux ou aux cris des rues de Limete, lui a choisi une autre voie : celle, plus ardue, de la donnée brute.

Fondateur et patron de l’institut de sondage Les Points, Frédéric  Panda est devenu, en l’espace de quelques années, le « Monsieur Opinion » de la République Démocratique du Congo. Des couloirs du Palais de la Nation aux états-majors des partis d’opposition, ses baromètres sont scrutés, disséqués et, parfois, violemment contestés. Signe, sans doute, qu’ils touchent juste.

Le pionnier de la mesure

Parier sur la science de l’échantillonnage dans un pays-continent de 100 millions d’âmes, dépourvu de recensement récent, relevait de la gageure. Pourtant, Panda a tenu bon. Son credo ? La représentativité. Qu’il s’agisse de mesurer la popularité d’un Premier ministre, l’impact d’une réforme économique ou l’évolution de la médiamétrie, l’institut « Les Points » déploie ses enquêteurs de Goma à Matadi.

Récemment, ses travaux sur la consommation des médias à Kinshasa ont bousculé les certitudes : avec 74 % des Kinois s’informant désormais via leur téléphone portable, Panda a acté, chiffres à l’appui, la mort lente de la télévision traditionnelle au profit du numérique. Une révolution que beaucoup pressentaient, mais que lui seul a quantifiée.

Entre foudre et crédibilité

Évidemment, le métier de sondeur sous les tropiques n’est pas un long fleuve tranquille. En RDC, le chiffre est politique. Lorsqu’un sondage donne une personnalité en hausse, on crie au génie ; lorsqu’il annonce une chute, on hurle à la manipulation. Frédéric Panda, lui, encaisse les coups avec une ironie mordante : « Si respecter les données, c’est être complaisant, alors nous l’assumons », glissait-il récemment à nos confrères d’AfricaNews.

L’homme agace car il refuse de se laisser enfermer dans les clivages partisans. Son institut s’est imposé par une régularité de métronome, publiant des rapports détaillés là où d’autres se contentent de tweets laconiques. Il a su professionnaliser un secteur longtemps laissé aux mains d’officines obscures.

La référence « Les Points »

Aujourd’hui, « Les Points » n’est plus seulement une société de sondage, c’est une institution de référence. Dans le paysage complexe de la RDC, l’institut fait office de boussole. Freddy Panda a compris avant tout le monde que, pour stabiliser une démocratie, il faut d’abord apprendre à l’écouter.

En RDC, le pouvoir ne se devine plus, il se mesure. Dans un paysage politique saturé de prophéties et de certitudes de salon, l’institut Les Points s’est imposé comme l’indispensable garde-fou contre l’aveuglement.

Salomon BIMANSHA

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