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SOKIMO : Le bilan famélique de l’ère Bonongo

ENQUÊTE. Avec seulement 2,46 kg d’or produits en quatre ans, l’ancien directeur général Pistis Bonongo laisse derrière lui une société historique à l’agonie, malgré des promesses de relance chiffrées en centaines de millions.

C’est un aveu qui sonne comme un glas pour le fleuron industriel du Haut-Uélé. Pistis Bonongo, débarqué de la direction générale de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO) en février dernier, a fini par lâcher les chiffres. Le verdict est sans appel : durant l’intégralité de son mandat débuté en 2022, la production propre de la société n’a péniblement atteint que 2,46 kilogrammes d’or.

Un magot de « poussière »

Pour une entreprise qui, au siècle dernier, faisait trembler les bourses mondiales par sa puissance d’extraction, le chiffre confine au ridicule. À l’aune des cours actuels de mars 2026, où le métal jaune culmine à environ 165 000 dollars le kilogramme, cette moisson quadriennale représente un minuscule pactole de 405 900 dollars.

À titre de comparaison, cette somme couvre à peine quelques mois de frais de fonctionnement d’un siège social moderne, loin, très loin de ce qu’une entreprise de cette stature devrait injecter dans l’économie nationale.

Le paradoxe des millions

Le plus frappant dans ce dossier reste le décalage abyssal entre la réalité du terrain et les ambitions affichées sur papier glacé. Pistis Bononge ne part pas sans défense : il brandit son plan de relance, un document stratégique estimé à 482,61 millions de dollars.

« Nous avons doté la société d’une boussole financière et technique », semble plaider l’ex-DG.

Pourtant, la question demeure : comment une gestion incapable d’extraire plus de trois kilos d’or a-t-elle pu espérer convaincre des investisseurs de mobiliser près d’un demi-milliard de dollars ?

SOKIMO : l’éternel espoir déçu ?

Le dossier SOKIMO illustre une nouvelle fois le mal qui ronge les entreprises publiques minières en RDC :

  • Vétusté de l’outil de production : Des machines datant parfois de l’époque coloniale.
  • Poids des dettes : Une structure financière asphyxiée par les créances.
  • Contraste public-privé : Pendant que la SOKIMO stagne, ses partenaires privés dans la région (comme Kibali Gold Mine) affichent des productions records se comptant en dizaines de tonnes.

En quittant ses fonctions en février 2026, Pistis Bononge laisse une société qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le nouveau management hérite d’un plan de relance colossal, mais d’un coffre-fort désespérément vide.

Salomon BIMANSHA

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