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La RDC parie sur le « soft power » : Judith Suminwa baptise l’appel aux racines de Myoto Liyolo

À Kinshasa, la Première ministre a parrainé la sortie de l’ouvrage « La culture sauve les peuples ». Un événement aux allures de manifeste politique pour une nation qui cherche à transformer son immense patrimoine en levier d’influence diplomatique.

C’est un baptême qui sonne comme un cri de ralliement. Ce samedi  22 mars Pullman au Salon Congo, dans l’effervescence de la capitale congolaise, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a dévoilé l’ouvrage de Myoto Liyolo, intitulé « La culture sauve les peuples ». Derrière le titre aux accents lyriques se cache une ambition concrète : faire de l’identité culturelle le fer de lance du redressement de la République démocratique du Congo.

L’art comme arme diplomatique

Entourée de la ministre de la Culture et d’autres membres du gouvernement , d’un parterre d’artistes et de figures intellectuelles, la Cheffe du Gouvernement n’a pas tari d’éloges sur cette œuvre qui place le patrimoine au centre de l’échiquier national. Pour Judith Suminwa, il ne s’agit plus seulement de divertissement, mais de stratégie d’État.

« La culture est une puissance douce mais stratégique, capable de rassembler, d’influencer et de redonner confiance », a martelé la Première Ministre lors de son allocution.

Ce concept de « puissance douce » — le fameux soft power théorisé par Joseph Nye — semble être le nouveau mantra du Gouvernement Suminwa. Dans un pays trop souvent perçu sous le prisme de ses défis sécuritaires ou de ses ressources minières, l’exécutif veut renverser le récit national en s’appuyant sur ses créateurs.

Un héritage à transmettre

L’ouvrage de Myoto Liyolo tombe à point nommé. Il agit comme un plaidoyer pour la préservation d’une identité congolaise plurielle, menacée par la mondialisation uniformisante. Les points clés de cette réflexion, salués lors de la cérémonie, s’articulent autour de trois axes :

  • La valorisation du patrimoine : Redonner leurs lettres de noblesse aux traditions et aux arts classiques congolais.
  • Le levier économique : Transformer la créativité locale en une industrie capable de générer de la richesse.
  • La cohésion nationale : Utiliser le socle culturel commun pour panser les plaies et unifier les provinces.

Le cap de l’action

Ce soutien public s’inscrit directement dans le Programme d’actions du Gouvernement. En réaffirmant son engagement, Judith Suminwa Tuluka envoie un signal fort aux opérateurs culturels : l’État ne se contente plus de contempler son passé, il compte bien l’utiliser pour bâtir son rayonnement international futur.

Reste désormais à savoir si cette volonté politique se traduira par des investissements massifs dans les infrastructures et la protection des droits d’auteur, conditions sine qua non pour que la culture sauve, effectivement, le peuple.

Salomon BIMANSHA

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