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RDC : Pacifique Kahasha, le nouvel homme vert de Félix Tshisekedi

ANALYSE. Le président congolais a nommé Pacifique Kahasha Birindwa pour piloter l’ambitieux projet de « Couloir vert Kivu-Kinshasa ». Une stratégie autant écologique que politique pour la « solution pays ».

C’est une ordonnance lue dans le calme des studios de la RTNC, ce mercredi 25 mars, qui a officialisé la manœuvre. Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo (RDC), vient de placer un homme de confiance, Pacifique Kahasha Birindwa, à la tête d’un chantier colossal : le « Couloir vert Kivu-Kinshasa ». Sous ce titre aux accents de manifeste écologiste se cache l’un des piliers de la diplomatie climatique que Kinshasa entend imposer sur l’échiquier mondial.

Relier l’Est à l’Ouest par la canopée

Le projet est d’une ambition presque démesurée. Il s’agit de créer un immense espace de protection écologique reliant les montagnes du Kivu aux rives du fleuve Congo à Kinshasa. L’objectif ? Sanctuariser les forêts tropicales le long de cet axe stratégique, restaurer les écosystèmes déjà dégradés et freiner drastiquement la déforestation.

Mais ne vous y trompez pas : à Kinshasa, l’écologie n’est plus une simple affaire de préservation de la biodiversité. C’est un levier de souveraineté. En se positionnant comme « pays solution » face au réchauffement climatique, la RDC de Tshisekedi cherche à monnayer son immense capital vert auprès d’une communauté internationale en quête de crédits carbone.

Concilier le climat et le quotidien

L’enjeu pour Pacifique Kahasha Birindwa, le nouveau conseiller spécial, sera de transformer cette vision en réalité concrète pour des populations rurales souvent oubliées. Le projet promet :

  • La promotion d’une agriculture durable ;
  • Le développement d’activités économiques écoresponsables ;
  • L’amélioration des conditions de vie dans des zones marquées par la pauvreté et l’insécurité chronique.

Un défi de gouvernance

La réussite de ce « Couloir vert » repose désormais sur la capacité de la présidence à coordonner une mise en œuvre qui s’annonce complexe. Entre les impératifs de protection de la nature et l’urgence de développement économique, la ligne de crête est étroite. En nommant un conseiller spécial dédié, Félix Tshisekedi affiche sa volonté de court-circuiter les lourdeurs administratives pour faire de ce projet la vitrine de son second mandat.

Reste une question : ce couloir sera-t-il le moteur de la renaissance rurale attendue, ou restera-t-il une simple ligne verte sur une carte ministérielle ? L’avenir de l’équilibre climatique mondial dépend, en partie, de la réponse.

Salomon BIMANSHA

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