
C’est un exercice de haute voltige politique auquel s’est livré Patrick Muyaya Porte-Parole du Gouvernement, Ministre de la Communication et des médias face à la jeunesse bouillonnante de l’Université de Kikwit. Dans un climat national où la suspicion envers les chancelleries étrangères flirte souvent avec l’hostilité, le porte-parole du gouvernement a choisi l’offensive de la clarté. Son crédo ? La défense d’une intégrité territoriale non négociable, de la surface du sol jusqu’aux entrailles de la terre.
La pédagogie du sanctuaire

Face aux étudiants, Muyaya n’a pas utilisé le langage feutré des salons diplomatiques. Le ton est martial, presque sacré, quand il s’agit de la souveraineté :
« Aucune concession sur un seul millimètre carré de notre territoire, aucune concession sur nos ressources minières. »
Le message est clair : à Kinshasa, on veut enterrer l’image d’une République bradée. Pour le ministre, la transparence est l’arme ultime contre les théories du complot qui fleurissent sur les réseaux sociaux. « S’il y avait quelque chose à cacher, nous ne viendrions pas débattre avec les étudiants avec autant de transparence », a-t-il martelé, invitant l’auditoire à une lecture critique mais rigoureuse des faits.
Le « Pacte de Washington » : Traité de paix ou mal nécessaire ?
Au cœur de cette démonstration de force oratoire : les Accords de Washington. Là où certains voient des concessions invisibles, Muyaya voit une rampe de lancement. Pour le gouvernement, ces textes ne sont pas une capitulation, mais la structure même du retour à la stabilité.

- Le diagnostic : Une paix qui passe par la reconnaissance internationale de nos droits.
- L’outil : Les Accords de Washington comme base juridique et diplomatique.
- L’objectif : Consolider les efforts de développement en sécurisant l’investissement.
Vers un « Pacte pour la Patrie »
Au-delà de la technique diplomatique, c’est un appel aux tripes que Patrick Muyaya a lancé à la jeunesse du Grand Bandundu. L’idée d’un Pacte pour la défense de la Patrie dépasse les clivages partisans. En érigeant la souveraineté en « ce que nous avons de plus précieux », il tente de sceller une union sacrée entre la classe dirigeante et une jeunesse souvent désabusée.
À Kikwit, le ministre n’est pas seulement venu expliquer le présent ; il est venu baliser l’avenir. Reste à savoir si cette pédagogie du « millimètre carré » suffira à apaiser les inquiétudes d’un pays qui, de l’Est à l’Ouest, attend de voir la paix se traduire enfin en réalité tangible.
Salomon BIMANSHA
