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Un président tout-puissant et un ticket d’entrée à 1 milliard : 5 choses à savoir sur le « Conseil de paix » de Trump

DÉCRYPTAGE. Lancé officiellement à Davos ce 22 janvier 2026, le « Board of Peace » de Donald Trump bouscule tous les codes de la diplomatie mondiale. Entre business, mégalomanie et realpolitik, voici les clés pour comprendre cette instance qui ambitionne de remplacer l’ONU.

C’est une petite révolution — ou un coup d’État diplomatique, selon les points de vue — qui s’est jouée dans les couloirs feutrés de Davos. Alors que le monde a les yeux rivés sur la fragilité de la trêve à Gaza, Donald Trump a acté la naissance de son « Conseil de paix » (Board of Peace). Un organisme privé-public aux contours inédits, où le carnet de chèques semble aussi important que le droit international.

Voici les 5 points cardinaux de ce nouvel ordre mondial « made in Mar-a-Lago ».

1. Un ticket d’entrée à 1 milliard de dollars

C’est le chiffre qui donne le tournis : 1 milliard de dollars. Pour obtenir un siège permanent au sein du Conseil, les États doivent débourser cette somme « cash » dès la première année. À ce prix, ils s’assurent une place à la table de décision sur le long terme. Pour les autres, l’adhésion est gratuite, mais précaire : un mandat de trois ans seulement, révocable au bon vouloir du président. L’administration Trump justifie cette manne par l’urgence de la reconstruction de Gaza, promettant que l’argent sera utilisé pour « bâtir le futur » sans la lourdeur administrative de l’ONU.

2. Donald Trump, « Président à vie » de l’instance

La charte fondatrice, que certains diplomates comparent aux statuts d’un club privé, est sans équivoque : Donald Trump est nommé Président du Conseil à vie. Il est le seul habilité à inviter de nouveaux membres ou à révoquer ceux qui ne suivraient pas la ligne. S’il peut être conseillé par un « Conseil exécutif » (où siègent notamment son gendre Jared Kushner et l’ex-Premier ministre Tony Blair), Trump dispose d’un droit de veto absolu sur toutes les résolutions.

3. Une « Mini-ONU » pour concurrencer New York

« Les Nations unies ne m’ont jamais aidé », a lâché le président américain le 20 janvier dernier. Le Conseil de paix ne se cache plus : il veut être une alternative « agile et efficace » à une ONU jugée obsolète. Initialement créé pour superviser le plan de paix en 20 points à Gaza (incluant le désarmement du Hamas et une force de stabilisation internationale), le Conseil a désormais un mandat global : intervenir dans n’importe quel conflit menaçant la stabilité mondiale.

4. Un casting hétéroclite : de Poutine à Orban

La liste des invités est un chef-d’œuvre de diplomatie transactionnelle. Si des alliés comme la Hongrie de Viktor Orban ou le Vietnam ont déjà signé, l’invitation lancée à Vladimir Poutine a provoqué une onde de choc en Europe. À l’inverse, la France d’Emmanuel Macron a fermement décliné, dénonçant une instance qui « cimente le droit du plus fort ». Le Conseil compte déjà près d’une trentaine de membres, principalement issus du Golfe et d’Asie centrale, attirés par ce nouveau centre de gravité du pouvoir.

5. L’ombre de Gaza comme laboratoire

Tout a commencé dans l’enclave palestinienne. Le Conseil de paix est le bras politique du plan Trump pour Gaza. Il supervise déjà le « Comité technocratique palestinien » chargé de l’administration civile et gère le déploiement de la Force internationale de stabilisation (ISF). Pour Trump, si le modèle fonctionne à Gaza — en écartant définitivement le Hamas — il sera dupliqué partout ailleurs. « Une fois que le Conseil sera formé, nous pourrons faire à peu près ce que nous voulons », a-t-il prévenu avec son habituel sens de la formule.

Salomon BIMANSHA

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