
La Mettelsat lance un avertissement sérieux : les mois de mars et avril 2026 s’annoncent critiques pour la capitale. Entre inondations redoutées et risques de glissements de terrain, la mégapole congolaise retient son souffle.
Le ciel de Kinshasa s’apprête à gronder, et cette fois, l’avertissement est tout sauf une simple prévision de routine. L’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) a publié un bulletin d’alerte sans équivoque : des précipitations d’une intensité exceptionnelle vont s’abattre sur la ville-province durant le prochain bimestre.
Le spectre de 2022 et 2024
À Kinshasa, la pluie n’est jamais un fait divers. Dans une ville où l’urbanisation sauvage défie souvent les lois de la nature, chaque averse est un test de survie. Selon les experts de la Mettelsat, le cumul des précipitations attendu pour mars et avril 2026 pourrait saturer des sols déjà fragiles, provoquant non seulement des inondations urbaines massives, mais aussi — et c’est le point le plus inquiétant — des glissements de terrain dans les zones collinaires.
Les quartiers périphériques et les zones d’érosion, comme celles de Mont-Ngafula ou de Binza, se retrouvent en première ligne d’un danger climatique de plus en plus imprévisible.
Une course contre la montre pour les autorités
Face à ce scénario catastrophe, la Mettelsat ne se contente pas de scruter les nuages ; elle interpelle directement l’Hôtel de Ville. L’appel à l’action est urgent :
- Curage des caniveaux : Libérer les voies d’évacuation des eaux, souvent obstruées par des tonnes de déchets plastiques.
- Sécurisation des zones à risque : Identifier et, si nécessaire, évacuer les populations vivant sur des pentes instables.
- Vigilance citoyenne : Il est conseillé aux Kinois d’éviter de construire ou de s’installer dans les lits majeurs des rivières.
« Les prévisions indiquent une activité pluviométrique largement supérieure à la normale saisonnière », prévient l’agence.
Kinshasa peut-elle éviter le pire ?
La question reste entière. Si la météo est une science, la gestion urbaine est un défi de chaque instant pour les autorités kinoises. Entre le manque d’infrastructures de drainage et la pression démographique, la capitale joue gros. Ces deux prochains mois seront un véritable crash-test pour la résilience de la ville.
En attendant le premier coup de tonnerre de mars, la prudence reste de mise. Pour les habitants des « zones rouges », chaque nuage noir à l’horizon sera désormais scruté avec une angoisse légitime.
Salomon BIMANSHA
