
EXCLUSIF. Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 février, une opération de bouclage d’envergure a secoué les communes de Bandalungwa et Kintambo. Résultat : 94 interpellations, dont quatre « brebis galeuses » issues des rangs de la police et de l’armée. Récit.
C’est une opération chirurgicale qui témoigne de la tension sécuritaire régnant sur la capitale congolaise. Alors que Kinshasa s’enfonçait dans la nuit de samedi, un imposant dispositif mixte, mêlant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC), s’est déployé dans les artères de Bandalungwa et Kintambo.
Le bilan, communiqué par le commissariat provincial, est sans appel : 94 individus ont été appréhendés. Mais au-delà du nombre, c’est le profil des suspects qui fait grincer des dents au sommet de l’État.
Le loup dans la bergerie
Parmi les personnes interpellées, on compte deux policiers et deux militaires. Une présence qui confirme une réalité amère pour les Kinois : la porosité parfois mortelle entre les forces de l’ordre et le grand banditisme. Ces « agents » sont soupçonnés d’avoir mis leur expertise — et peut-être leurs armes de service — au profit de réseaux criminels.
Les griefs retenus contre cette bande hétéroclite sont lourds :
- Kidnappings avec demande de rançon (le fléau des « voitures jaunes »).
- Braquages à main armée.
- Cambriolages avec violence.
Une ville sous pression
Ce bouclage intervient dans un contexte de ras-le-bol généralisé de la population face à l’insécurité urbaine. À Kintambo, quartier carrefour, le sentiment d’impunité des « Kuluna » et des braqueurs motorisés empoisonnait le quotidien.
« Cette action conjointe démontre qu’aucun sanctuaire ne sera toléré, même pour ceux qui portent l’uniforme », glisse une source sécuritaire proche du dossier.
Si l’opération est saluée comme une victoire d’étape, elle pose la question de l’assainissement durable des corps de défense. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer ces arrestations en condamnations exemplaires devant la justice militaire et civile.
Salomon BIMANSHA
