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« Surpassez-vous ! » L’étonnant appel d’un proche de Tshisekedi pour un face-à-face Kabila, sous l’égide de Kengo.

Fiyou Ndondoboni, président du parti Orange

La scène politique congolaise, jamais avare en rebondissements, est secouée par une initiative inattendue mais saluée par une frange d’observateurs. Fiyou Ndondoboni, président du parti Orange et présenté comme un proche du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a lancé un appel solennel qui résonne comme un plaidoyer pour la décrispation : une rencontre directe entre l’actuel président et son prédécesseur, Joseph Kabila Kabange,

sous la médiation de l’expérimenté « Patriarche » Léon Kengo wa Dondo.

Dans un pays où la rupture entre le CASH de Tshisekedi et le FCC de Kabila a été consommée avec fracas, les relations entre les deux hommes sont, au mieux, inexistantes, au pire, tendues, avec des signaux de confrontation judiciaire par moments. L’appel de Fiyou Ndondoboni intervient dans un contexte où la RDC, au-delà des joutes politiciennes, fait face à d’immenses défis sécuritaires dans l’Est et à la nécessité d’une cohésion nationale retrouvée.

L’heure de la « Hauteur »

« Le Chef de l’État doit se surpasser et prendre la hauteur pour une rencontre directe avec son prédécesseur », a martelé le président du parti Orange. Une formule qui, dans le style feutré mais direct des déclarations politiques congolaises, vise à placer les deux figures au-dessus de la mêlée des petites querelles et des rancœurs post-coalition. C’est un appel à l’introspection et à la responsabilité historique, suggérant que l’intérêt supérieur de la Nation commanderait cette démarche.

L’idée d’une médiation n’est pas nouvelle en RDC, pays habitué aux formules de décrispation politique. Mais le choix du médiateur est un signal fort. Léon Kengo wa Dondo, figure tutélaire de la politique congolaise, ancien Premier ministre et Président du Sénat, jouit d’une réputation de neutralité, de sagesse et d’expérience qui lui confère une légitimité à transcender les clivages. Sa désignation implicite par Ndondoboni rappelle le poids des « Pères » de la Nation dans la résolution des crises politiques majeures. Le Président Tshisekedi lui a d’ailleurs rendu visite récemment, un geste qui pourrait être interprété comme une reconnaissance de ce rôle de sage.

Le silence de Kingakati

Reste à savoir la réaction du camp Kabila. Retranché à Kingakati, l’ancien Président Joseph Kabila garde un silence généralement lourd, laissant ses lieutenants gérer la communication. Une telle rencontre, si elle venait à se concrétiser, marquerait une étape significative dans l’histoire post-électorale récente. Elle pourrait ouvrir la voie à une normalisation, même minimale, des rapports entre les deux principales familles politiques du pays.

Pour l’heure, l’appel de Fiyou Ndondoboni est un pavé jeté dans la mare des tensions persistantes. Il soulève une question fondamentale : pour le bien de la République, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont-ils prêts à mettre de côté les différends personnels et politiques pour le consensus ? L’avenir de l’Union Sacrée, et même de la stabilité nationale, pourrait dépendre de la réponse à cette question.

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Salomon BIMANSHA

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