
Le football congolais ne se joue plus seulement sur la pelouse du Stade des Martyrs, mais désormais par lettres ouvertes interposées et bientôt, devant les tribunaux. Entre Paul Kasembele, président de coordination du Daring Club Motema Pembe (DCMP), et Vidiye Tshimanga, président du FC Les Aigles du Congo, le point de rupture est consommé. Derrière la rivalité sportive se cache une guerre d’ego et d’honneur qui électrise la capitale.
Kasembele : « La patience n’est pas la faiblesse »
Dans une mise en demeure aux accents solennels, Paul Kasembele est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« acharnement obsessionnel » contre sa personne et sa famille. Refusant de descendre dans l’arène des « invectives », le patron des Vert et Blanc a choisi la voie du rappel à l’ordre formel.
« Vos sorties répétées, vos insinuations malveillantes, votre haine et vos attaques calculées ne relèvent plus du débat, mais d’une volonté manifeste de nuire », martèle Paul Kasembele.
Le président du DCMP affirme être concentré sur l’avenir de son club, mais prévient qu’il se réserve le droit de traduire son rival en justice pour obtenir réparation du préjudice subi. Pour lui, le temps de l’impunité pour les « insinuations » touche à sa fin.
La réponse cinglante de Vidiye Tshimanga : « Allons au procès ! »
La réaction du président des Aigles du Congo ne s’est pas fait attendre, et elle est pour le moins abrasive. Loin d’être intimidé par la menace judiciaire, Vidiye Tshimanga a balayé la lettre de son homologue d’un revers de main, le qualifiant de « clown triste ».
Pour l’ancien conseiller du Chef de l’État, ce procès serait au contraire une opportunité de « sortir officiellement toute la réalité ». Il se dit prêt à déposer des audios et des preuves devant la cour, accusant Kasembele de l’avoir sali pour masquer son « incompétence » à la tête du DCMP.
« Allez porter plainte, c’est mieux. Comme ça, on saura la définition et les conséquences des diffamations, imputations dommageables, menaces et agressions en bande organisée », a-t-il lancé avec ironie.
L’analyse de Bimanshainfo
Ce qui n’était au départ qu’une joute verbale entre dirigeants sportifs prend désormais une tournure pénale. En invitant Kasembele à porter plainte, Tshimanga fait monter les enchères, pariant sur le fait que ses propres collaborateurs pourraient témoigner contre le président du DCMP. À Kinshasa, on craint que ce conflit ne fragilise davantage un club historique déjà en quête de stabilité. Une chose est sûre : le prochain « derby » risque de se jouer en robe d’avocat.
SALOMON BIMANSHA
