Home / Société / Mai-Ndombe : Le cri du cœur de la BVGRN pour le Programme Juridictionnel

Mai-Ndombe : Le cri du cœur de la BVGRN pour le Programme Juridictionnel

« Coup de tonnerre dans le dossier du carbone forestier au Mai-Ndombe. Lors d’un point de presse organisé ce vendredi à Kinshasa, la Brigade de Veille pour la Gouvernance des Ressources Naturelles (BVGRN) a haussé le ton. Au centre des débats : le Programme Juridictionnel de la province de Mai-Ndombe, un modèle de conservation forestière qui, s’il fait école, attire aussi les convoitises et les critiques acerbes.

De gauche à Droite le ministre provincial de l’environnement de Mai Ndombe. JC Nongo et Joseph Bobia Coordon BVGRN

« Ne touchez pas aux acquis »

Le coordonnateur de la BVGRN, Joseph Bobia, n’y est pas allé de main morte. Pour lui, le constat est sans appel : le programme évolue, les résultats sont là, visibles, palpables. Pourtant, dans l’ombre, des voix des élus locaux à travers une lettre rendue publique s’élèvent pour réclamer une réouverture du plan de partage des bénéfices. Une manœuvre que Bobia qualifie de tentative de sabotage.

« Nous nous opposons fermement à ceux qui torpillent ce programme. Vouloir rouvrir le plan de partage des bénéfices aujourd’hui, c’est vouloir déstabiliser un édifice qui commence enfin à porter ses fruits pour les populations », a-t-il martelé devant la presse.

Pour la BVGRN et la société civile environnementale , le temps n’est plus aux tractations de bureaux mais à la consolidation des acquis sur le terrain, là où les communautés locales et les peuples autochtones pygmées attendent des réponses concrètes à leur précarité.

Transparence : Le Ministre provincial rassure

Invité de marque de ce point de presse, le Ministre provincial de l’Environnement, Pêche et Élevage du Mai-Ndombe, Jean-Claude NONGO ILONGA, a tenu à jouer la carte de la pédagogie et de la transparence. Face aux fantasmes entourant les flux financiers du carbone forestier, il a apporté une précision de taille sur la trajectoire des fonds.

  • Zéro transit par le Trésor provincial : Contrairement aux idées reçues, l’argent ne vient pas renflouer les caisses directes de la province.
  • Financement direct des projets : Les fonds sont décaissés spécifiquement pour financer des infrastructures et des initiatives communautaires (écoles, centres de santé, agriculture durable).
  • Traçabilité rigoureuse : Le ministre a insisté sur le fait que chaque dollar doit se transformer en bénéfice direct pour les gardiens de la forêt.

« La gestion est transparente. L’argent va directement aux projets qui bénéficient aux communautés. C’est un circuit fermé qui garantit que l’impact soit réel au village, et non dans les cabinets politiques », a rassuré Jean-Claude NONGO ILONGA.

L’enjeu : Les gardiens de la forêt

Au-delà des chiffres, c’est l’avenir des Peuples Autochtones Pygmées qui est en jeu. Le Programme Juridictionnel de Mai-Ndombe se veut être le rempart contre la déforestation tout en étant un levier de développement. Pour Joseph Bobia et le Ministre Nongo, le message est clair : le succès de ce programme dépend de la stabilité de ses règles de gestion.

Les objectifs du programme dans la province

L’intervention coordonnée par l’UC-PIF au Mai-Ndombe s’articule autour de plusieurs axes majeurs :

  1. Aménagement du territoire : Aider la province à disposer de plans d’usage des sols pour mieux planifier l’agriculture, l’exploitation forestière et la conservation.
  2. Alternatives à la déforestation : Promouvoir l’agroforesterie (plantations de cacao, café, palmiers à huile) pour offrir des revenus aux populations sans détruire la forêt.
  3. Partage des bénéfices : Mettre en place des mécanismes pour que les revenus générés par les crédits carbone ou les projets durables profitent équitablement aux communautés locales et aux peuples autochtones.
  4. Cuisson propre : Développer des chaînes de valeur durables pour le bois-énergie et introduire des techniques de cuisson moins énergivores afin de réduire la pression sur les forêts.

Conclusion

Le succès de cette approche repose sur le leadership provincial soutenu techniquement par l’UC-PIF. Le Mai-Ndombe est souvent cité comme un modèle « juridictionnel » en RDC, car il cherche à démontrer qu’une gouvernance rigoureuse à l’échelle d’une province est l’un des moyens les plus efficaces pour préserver le Bassin du Congo tout en améliorant les conditions de vie des populations rurales.

Le message est lancé aux partenaires internationaux et aux acteurs locaux : le navire Mai-Ndombe garde son cap, n’en déplaise aux « torpilleurs » de l’ombre.

Salomon BIMANSHA

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *