
Dans la nuit du 8 au 9 mars, une attaque armée dans la commune de la Nsele a coûté la vie au petit Allegria. Un fait divers atroce qui souligne l’impuissance des autorités face à la criminalité galopante dans la capitale congolaise.
La tragédie s’est invitée dans l’intimité d’un foyer de la commune de la Nsele, à Kinshasa, dans la nuit de dimanche à lundi. Le bilan, d’une cruauté rare, laisse la capitale sous le choc : le petit Allegria, un nourrisson, a été abattu alors qu’il se trouvait dans les bras de sa mère.
Une intrusion qui vire au carnage
Selon les premiers éléments recueillis et les témoignages des proches de la famille d’Esther, la mère de l’enfant, tout a basculé lorsqu’un groupe d’individus armés a tenté de faire irruption au domicile familial. Face à la résistance de la porte d’entrée qui a refusé de céder, les assaillants, mus par une violence aveugle, n’ont pas rebroussé chemin. Ils ont ouvert le feu, criblant la façade de balles.
Dans cette scène de chaos, la mère a été atteinte. Mais c’est le destin du nourrisson qui glace le sang : une balle a traversé le cou de l’enfant, ne lui laissant aucune chance de survie.
Le cri de détresse d’une ville sous tension
Si les autorités locales tentent régulièrement de rassurer la population, la réalité du terrain, elle, est tout autre. Ce drame n’est que la triste illustration de l’insécurité chronique qui gangrène les quartiers périphériques et, de plus en plus, le cœur même de Kinshasa. Vols à main armée, incursions domiciliaires et règlements de comptes sont devenus le quotidien d’habitants qui se sentent, chaque soir un peu plus, livrés à eux-mêmes.
Sur les réseaux sociaux, où une vidéo du drame a circulé, l’indignation le dispute à l’accablement. Les citoyens, émus par la disparition brutale de ce bébé, interpellent une fois de plus les forces de sécurité : jusqu’où l’horreur devra-t-elle aller avant qu’une réponse ferme ne soit apportée à ce climat d’impunité ?
Pour la famille d’Allegria, l’heure est au deuil. Pour Kinshasa, ce nouveau sang versé sonne comme un énième rappel, tragique, de l’urgence sécuritaire qui déchire le tissu social de la mégapole.
Salomon BIMANSHA
