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Hôtel de Ville et Présidence : le duo de choc pour nettoyer la capitale

C’est un duo qui ne laisse plus de place à l’improvisation. D’un côté, Daniel Bumba Lubaki, gouverneur d’une capitale étouffée par ses propres déchets ; de l’autre, la Cellule d’innovation et de changement de mentalités (CICM), bras armé de la Présidence pour le changement de mentalités .Ce jeudi 12 mars, à l’Hôtel de Ville, l’heure n’était plus aux simples constats, mais à la stratégie de combat.

L’objectif est clair : transformer Kinshasa, la « poubelle », en Kinshasa la « belle ». Mais cette fois, le gant de velours de la sensibilisation cache une main de fer.

La pédagogie du bâton

On ne change pas les habitudes de millions de Kinois avec de simples slogans. Jacques Kangudia et Jacques Kambala Tshilombo, respectivement coordonnateur et adjoint de la CICM, l’ont bien compris. La campagne qui s’annonce se veut « intensive et contraignante ». Derrière ce jargon administratif se dessine une réalité nouvelle : l’incitation fera bientôt place à l’obligation.

« Il s’agit d’une lutte citoyenne qui concerne l’ensemble de la population », martèle-t-on du côté de la CICM.

L’implication de cette structure rattachée à la Présidence apporte une caution politique de poids. Ce n’est plus seulement l’affaire de la municipalité, c’est une priorité nationale. La CICM aura pour mission de prêcher la bonne parole  celle du civisme environnemental  tout en préparant le terrain aux mesures de coercition que le gouvernement provincial semble prêt à dégainer.

Une « Task Force » pour la semaine prochaine

Pour éviter que cette initiative ne finisse dans les oubliettes de la bureaucratie, une commission ad hoc verra le jour dès la semaine prochaine. Sa mission ? Fusionner les expertises des responsables sectoriels de l’exécutif provincial et des experts de la CICM pour une coordination millimétrée sur le terrain.

Les défis qui attendent cette commission :

  • La logistique : Organiser l’évacuation là où le ramassage est inexistant.
  • La sanction : Définir le cadre légal des amendes et des travaux d’intérêt général.
  • La durée : Éviter l’effet de mode pour instaurer un changement structurel.

Le pari de Daniel Bumba

Pour le gouverneur Bumba, le défi est immense. Redorer l’image de la capitale est un passage obligé pour assoir sa crédibilité. En s’alliant à la CICM, il espère provoquer ce fameux « déclic » chez ses administrés. Car, au-delà des camions de ramassage et des balayeurs, c’est bien dans les esprits que la bataille contre l’insalubrité se gagnera  ou se perdra.

Reste une question : le Kinois est-il prêt à changer de paradigme, ou faudra-t-il que la contrainte devienne la norme pour que la propreté ne soit plus un luxe, mais un acquis ?

Salomon BIMANSHA

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