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Mort de Chuck Norris : Le dernier vol du « Walker »

DISPARITION. L’acteur américain, icône du cinéma d’action des années 80 et devenu un mème planétaire, s’est éteint à l’âge de 86 ans. Derrière la caricature virile se cachait un champion de karaté hors pair et un soutien indéfectible de la droite conservatrice.

Le Texas est en deuil, et avec lui, une certaine idée de l’héroïsme monolithique. Chuck Norris, de son vrai nom Carlos Ray Norris, a passé l’arme à gauche — un comble pour cet homme qui n’aura cessé de camper la droite dure, à l’écran comme à la ville. L’interprète de Walker, Texas Ranger s’est éteint paisiblement, laissant derrière lui une filmographie où le dialogue était souvent l’option de dernier recours, bien après le coup de pied circulaire.

De la Corée à Hollywood

Rien ne prédestinait ce fils de routier de l’Oklahoma, né en 1940, à devenir la figure de proue de la culture populaire mondiale. C’est durant son service militaire en Corée du Sud que le jeune Carlos découvre les arts martiaux. À son retour, il multiplie les titres de champion du monde de karaté et ouvre des écoles où il entraîne le tout-Hollywood, de Steve McQueen à Priscilla Presley.

Sa rencontre avec Bruce Lee en 1972 sera le tournant de sa vie. Dans La Fureur du dragon, leur duel final dans le Colisée de Rome reste, aujourd’hui encore, l’une des séquences les plus mythiques de l’histoire du cinéma de combat. Norris y perd le combat, mais il y gagne son ticket pour la gloire.

L’invincible du box-office

Dans les années 80, sous l’égide de la Cannon Films, il devient le visage de l’Amérique de Reagan : musclé, silencieux et résolument patriote. De Portés disparus à Invasion USA, Norris incarne ce justicier solitaire qui nettoie le monde des « forces du mal » avec une efficacité chirurgicale.

Mais c’est le petit écran qui lui offrira son second souffle. En 1993, il devient Cordell Walker. Pendant neuf saisons, il impose sa loi dans les plaines du Texas, faisant de la morale chrétienne et de l’ordre public les piliers d’une série suivie par des millions de téléspectateurs à travers le globe.

Le « Chuck Norris Fact » : l’immortalité numérique

Le génie de Norris aura été de survivre à sa propre ringardise. Alors que ses films passaient de mode, l’internet s’est emparé de son image au milieu des années 2000 pour en faire une divinité parodique. Les « Chuck Norris Facts » — ces aphorismes célébrant sa toute-puissance absurde (« Dieu a voulu créer le monde en six jours. Chuck Norris lui en a donné six ») — ont transformé l’acteur en icône de la génération Z.

Un second degré que l’intéressé, fervent chrétien et républicain pur jus, a fini par embrasser avec une certaine malice, conscient que l’autodérision était la meilleure des armures.

Aujourd’hui, la légende dit que la Mort n’a pas osé lui dire en face. Elle a simplement attendu qu’il ferme les yeux. Avec Chuck Norris, c’est une page d’un cinéma sans nuance, mais non sans panache, qui se tourne définitivement.

Salomon BIMANSHA

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