
À la veille d’un match historique contre la Jamaïque pour une qualification au Mondial 2026, le président de la République démocratique du Congo a publié une lettre de mobilisation générale. Un texte où le football se mêle intimement au destin d’une nation meurtrie.

C’est une lettre qui dépasse largement le cadre d’un simple vestiaire de football. À quelques heures du coup d’envoi du barrage intercontinental décisif opposant la République démocratique du Congo à la Jamaïque, le président Félix Tshisekedi a pris la plume pour s’adresser directement aux « Léopards ». Un message officiel de deux pages, daté du 30 mars 2026 depuis Kinshasa, qui résonne comme un ordre de mobilisation générale pour le pays.
Le poids de l’histoire
Cinquante-deux ans. C’est le temps qui sépare la RDC d’une participation à une phase finale de Coupe du monde. La dernière fois, c’était en 1974 en Allemagne de l’Ouest, sous l’ère Mobutu et sous l’appellation du Zaïre. Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu n’est pas seulement sportif, il est mémoriel et identitaire.
En convoquant les fantômes glorieux du passé — citant expressément des légendes comme Kidumu, Kakoko, Ndaye Mulamba ou Kembo —, le chef de l’État demande à la nouvelle génération d’écrire sa propre histoire.
« Demain, vous n’entrerez pas seulement sur un terrain de football. Vous porterez avec vous le drapeau de la République, la fierté de plus de 100 millions de Congolais », écrit le président.
Le football comme ciment national
Dans un pays immense aux prises avec des défis sécuritaires persistants, notamment dans sa partie orientale, le ballon rond s’impose une nouvelle fois comme le seul véritable ciment national capable de transcender les clivages.
Le chef de l’État ne s’y trompe pas et politise subtilement l’effort athlétique. Il mentionne explicitement dans sa missive les « compatriotes éprouvés, notamment dans l’Est de notre pays », pour qui une victoire serait « une source de réconfort, de fierté et de rassemblement ». Les tacles glissés et les buts marqués deviennent alors des symboles de résilience face à l’adversité.
L’union sacrée
En terminant son allocution par un vibrant « Le peuple congolais est derrière vous. La Nation entière vous accompagne. Moi-même, je suis avec vous », Félix Tshisekedi scelle l’union sacrée.
Reste désormais aux hommes sur le terrain à transformer cette pression présidentielle et populaire en énergie positive. Face aux « Reggae Boyz » de la Jamaïque, les Léopards savent qu’ils ne jouent pas seulement leur place pour le Mondial 2026, mais aussi le moral de tout un peuple.
Salomon BIMANSHA
