Dans une mégapole kinoise en constante expansion, l’aménagement urbain se heurte à un engrenage récurrent : la passivité des services administratifs lors de l’érection des bâtiments, suivie des années plus tard de démolitions médiatisées.
La passivité originelle : Le règne des arrangements
Au moment de couler les fondations, la régulation fait souvent défaut. Entre autorisations d’urbanisme ambiguës, fermetures d’yeux bienveillantes sous couvert de compromis informels et absence de contrôle sur le terrain, les infractions s’implantent au vu et au su de tous.
Le coût de l’inaction : L’illusion d’impunité
Ce laisser-faire prolongé installe chez les usagers le sentiment que la force du fait accompli l’emporte sur le droit écrit. Plus le temps passe et plus les investissements s’accumulent, créant une légitimité d’usage qui rend toute régularisation ultérieure complexe et conflictuelle.
Le réveil tardif : La politique du bulldozer
Quand l’autorité publique intervient enfin — sous la pression de litiges fonciers ou de décisions d’assainissement urbain —, elle privilégie la fermeté spectaculaire a posteriori. L’intervention par engins lourds devient alors le symbole d’une régulation répressive plutôt que préventive.
Le défi majeur pour la gestion urbaine de Kinshasa réside dans l’application rigoureuse du plan d’aménagement dès la délivrance des permis de construire, afin d’éviter d’avoir à détruire ce qui a été laissé s’édifier.
Salomon BIMANSHA











