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Affaire Vally Amisi : la colère intacte de la famille face à une justice aux pieds d’argile

ANALYSE. Deux semaines après le drame, l’extradition du suspect piétine. Dans une nouvelle prise de parole sans concession, Joël Amisi dénonce les lenteurs institutionnelles et fustige la résignation collective.

Le temps passe, la douleur demeure, et l’incompréhension vire à l’exaspération. Deux semaines ou presque. Douze jours exactement depuis le drame qui a coûté la vie à Vally Amisi, et le principal suspect manque toujours à l’appel de la justice locale. Face à ce qu’il perçoit comme un piétinement intolérable, Joël Amisi, le frère du défunt, est une nouvelle fois monté au créneau pour dénoncer l’inertie des procédures et l’anesthésie des consciences.

Un décompte amère

Dans une déclaration d’une virulence teintée de lucidité tragique, Joël Amisi dresse un constat sans appel : « Dans deux jours, ça fera deux semaines que le meurtrier de mon frère n’a toujours pas été extradé. 12 jours au total. » Un décompte au jour le jour qui illustre le calvaire des proches, suspendus aux dédales administratifs et diplomatiques de l’extradition.

Pour la famille, chaque heure qui s’écoule sans transfert du suspect s’apparente à une double peine. Comment expliquer qu’un individu formellement mis en cause dans une affaire d’une telle gravité puisse encore échapper à la juridiction saisie de l’enquête ? C’est toute la question de l’efficacité des mécanismes de coopération judiciaire qui se trouve ainsi posée.

Le procès de la résignation

Mais au-delà du retard procédural, c’est l’attitude d’une partie de l’opinion publique qui suscite l’indignation de Joël Amisi. Ciblant la passivité ambiante et les discours lénifiants, il ne mâche pas ses mots : « Et malgré ça, vous trouverez encore des faibles d’esprit pour penser que cette histoire est normale, qu’il faut se taire et simplement « laisser la justice faire ». Ok ! »

Un tacle appuyé à l’adresse de ceux qui prônent le silence au nom du respect des temps judiciaires. Pour le frère de la victime, ce discours du « laisser-faire » ne relève ni de la sagesse ni de la confiance institutionnelle, mais bien d’une forme d’aveuglement volontaire, voire de lâcheté ordinaire.

Une affaire au révélateur des failles institutionnelles

L’affaire Vally Amisi dépasse désormais le cadre du simple fait divers pour devenir le symbole d’une attente sociétale plus large : celle d’une justice diligente, transparente et intraitable. En refusant de se plier à la consigne de réserve et en maintenant une pression médiatique constante, la famille Amisi entend ne laisser aucun répit aux autorités compétentes.

Alors que le cap des deux semaines sera franchi d’ici quarante-huit heures, le dossier reste sous haute tension. La question n’est plus seulement de savoir si le suspect sera extradé, mais quand — et à quel prix pour la crédibilité des institutions.

Salomon BIMANSHA

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