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Alerte Politique : La grève qui paralyse le Palais du Peuple

Les cadres et agents de l’Assemblée Nationale cessent le travail. Un mouvement inédit, pacifique mais ferme, qui gèle les activités parlementaires et met la pression sur le Bureau.

Kinshasa, RDC – L’Assemblée Nationale, cœur battant de la démocratie congolaise, est à l’arrêt. Conformément à un mot d’ordre clair et discipliné, les cadres et agents parlementaires ont entamé une grève ce lundi 13 octobre 2025 (après l’expiration du préavis), transformant le Palais du Peuple en une citadelle silencieuse. Loin d’être un débrayage sauvage, ce mouvement est orchestré de manière stratégique et républicaine, visant à maximiser l’impact tout en garantissant l’ordre.

Une grève « sur place » : Le bras de fer de la visibilité

La résolution adoptée par l’Assemblée générale des agents est dénuée d’ambiguïté : la grève se fera « au lieu de service, c’est-à-dire au sein du Palais du Peuple, et non à domicile ».

Ce choix est hautement symbolique et tactique. En maintenant leur présence sur site, les grévistes cherchent à :

  1. Garantir la visibilité du mouvement : Afficher publiquement leur détermination sans tomber dans la clandestinité.
  2. Assurer le respect du service public : La présence physique témoigne d’une volonté de ne pas abandonner totalement leurs responsabilités, notamment le maintien de l’ordre.
  3. Préserver leurs droits : Agir dans un cadre légal et discipliné pour éviter toute sanction pour abandon de poste.

Concrètement, la consigne est la fermeture des bureaux non essentiels. Les agents sont invités à demeurer dans leurs espaces, mais sans exécution des tâches administratives ordinaires. Le travail s’arrête, mais pas la présence.

Le Parlement à l’arrêt : Suspension des travaux vitaux

L’impact de ce mouvement est direct sur le calendrier législatif. Le mot d’ordre annonce la suspension immédiate des activités suivantes :

  • Les séances plénières.
  • Les travaux en commission.
  • La Conférence des Présidents et toutes les réunions assimilées.

Le blocage est total. Les députés, quelle que soit leur affiliation politique, se retrouvent techniquement dans l’impossibilité de siéger et de légiférer tant que le personnel administratif n’a pas repris ses fonctions.

Les initiateurs du mouvement mettent en garde toute tentative d’intimidation : « Tout acte d’intimidation, de menace ou de sanction en rapport avec la participation au mouvement fera l’objet d’un signalement formel. » Une clause qui vise à protéger les agents contre d’éventuelles pressions de leur hiérarchie.

L’exception du Dispensaire et des Cabinets

Dans un souci de responsabilité, une seule exception notable est maintenue : le dispensaire de l’Assemblée Nationale est reconnu comme service essentiel. Les agents affectés à ce service doivent assurer la permanence médicale, notamment pour les collègues présents sur le site.

Par ailleurs, les cabinets politiques sont autorisés à fonctionner, mais sans « entraver le bon déroulement du mouvement du personnel administratif ». Une distinction claire est établie entre le personnel administratif sous statut et le personnel politique sous contrat.

Un cri pour la « justice administrative »

Ce mouvement est qualifié de « pacifique, responsable et républicain ». Les agents assurent la sécurité des installations et du patrimoine, insistant sur le fait que « Aucune casse, dégradation ou destruction malveillante ne sera tolérée ».

Dans le « Message final », le ton est donné : « Cette grève n’est pas un acte d’anarchie, mais un cri légitime pour la justice administrative, la reconnaissance des droits du personnel, et le respect des engagements pris par les autorités compétentes. »

Le bras de fer est lancé. Le Bureau de l’Assemblée Nationale devra trouver rapidement une solution pour désamorcer cette crise sociale interne qui met en péril l’agenda politique de la nation.

Salomon BIMANSHA

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