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Kenge : Quand la RN1 se noie dans la boue

Le Kwango coupé du monde : Le fiasco de la RN1 au cœur de Kenge

Kenge, Chef-lieu de la Province du Kwango : Chaque averse est désormais synonyme de calvaire. Loin des clichés de routes nationales bitumées, le tronçon de la RN1 traversant Kenge est devenu un monument à la décrépitude et à l’abandon. Ce qui devrait être une artère vitale reliant la capitale, Kinshasa, au Kwilu et à Tshikapa, se mue en un piège aquatique et boueux, coupant littéralement le Kwango du reste du pays.

Le constat, dressé sur place est accablant. Dès les premières gouttes de pluie, la route ne disparaît pas : elle se transforme en un immense bassin d’eau. Les véhicules, du bus de transport en commun au poids lourd chargé de marchandises essentielles, s’y embourbent les uns après les autres, créant des bouchons monstres et obligeant les voyageurs et les conducteurs à des nuits d’attente forcée. Un spectacle désolant qui se répète inlassablement depuis près d’un an, selon les riverains exaspérés.


L’artère économique à l’arrêt

La RN1 n’est pas une route secondaire. Elle est l’épine dorsale de l’économie, du social et de l’humain pour toute la région. Son blocage au cœur même de Kenge a des répercussions immédiates :

  • Impact Économique : Les denrées et les marchandises voient leur transport rallongé et rendu plus coûteux, menaçant la chaîne d’approvisionnement et faisant potentiellement flamber les prix sur les marchés locaux. L’arrêt des camions-remorques fige le commerce interprovincial.
  • Risque Matériel : Des conducteurs, poussés par le désespoir et l’urgence, s’aventurent dans les étendues d’eau, engageant des risques considérables pour leurs véhicules qui peuvent subir des dégâts irréparables.

Le mystère des travaux avortés

L’indignation des populations locales est d’autant plus vive que ce chaos est la conséquence d’un chantier laissé en plan. Selon plusieurs sources concordantes, des travaux de bétonnage de cette partie stratégique de la RN1 avaient été lancés il y a quelque temps, offrant une lueur d’espoir aux usagers.

Cependant, ces travaux ont été stoppés brusquement, sans aucune explication officielle. L’abandon du site de construction a laissé derrière lui un état de dégradation pire qu’à l’origine, le chantier inachevé favorisant l’accumulation de l’eau et de la boue à chaque averse.

Le Kwango, par l’entremise de son chef-lieu, lance aujourd’hui un cri d’alarme à l’endroit des autorités centrales et du ministère des Infrastructures. Remettre ce tronçon de la RN1 en état n’est pas un simple projet routier, c’est une urgence vitale pour désenclaver toute une région et permettre à la vie économique de reprendre son cours normal. Le temps des promesses doit laisser place à l’action.

Salomon BIMANSHA

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