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Kinshasa : La Fin du Désordre ? Le Coup de Semonce de Jésus Noël Sheke dans les Transports Urbains

Kinshasa doit changer. Le transport aussi.

La capitale congolaise, carrefour économique et démographique, étouffe depuis des années sous le poids d’un secteur des transports urbains miné par l’anarchie. Entre taxis-bus indisciplinés, motos-taxis opérant sans égard pour le code de la route, et une insécurité grandissante, la patience des Kinois était à bout. Mais un vent de changement souffle de l’Hôtel de Ville.

Le ministre provincial du Plan, Budget, Fonction Publique, Emploi, Tourisme, Transports et Mobilité Urbaine, Jésus Noël Sheke, a décidé de sonner la fin de la récréation. Nommé récemment à ce portefeuille élargi, M. Sheke, un ancien consultant et initiateur du think tank INK (Initiative pour une Nouvelle Kinshasa), a affiché une volonté de fer pour assainir un secteur aussi vital que chaotique. Après avoir exigé une transparence totale des contrats et partenariats dans le transport (signe d’un audit en profondeur), il passe à l’offensive sur le terrain.

« TOSA, BATOSA YO » : La Sensibilisation Avant la Sanction

Dès ce 10 novembre, le Ministre Sheke lance une campagne choc, baptisée « TOSA, BATOSA YO » (que l’on pourrait traduire par « Respecte, on te respectera » ou « Obéis, on t’obéira »). L’objectif n’est pas, dans un premier temps, la répression, mais une vaste opération de sensibilisation et de pédagogie.

Pendant 45 jours, tous les acteurs de la mobilité urbaine — conducteurs de taxis, de taxis-bus (les célèbres « Kinois » et « 207 »), et de motos — seront invités à se conformer scrupuleusement à la réglementation en vigueur. Le message est clair : remettre de l’ordre, assurer la sécurité et la discipline sur les artères de la mégapole.

Les infractions sont légion : surcharge, stationnements anarchiques, non-respect des feux et des couloirs de bus, incivisme, et souvent, la circulation de véhicules non conformes ou des documents falsifiés. La campagne « TOSA, BATOSA YO » vise à recalibrer les comportements avant que la loi ne s’applique dans toute sa rigueur.

Janvier 2026 : Le Temps du Contrôle Rigoureux

Cette période de grâce, ou du moins de transition encadrée, précède en effet une phase de contrôle rigoureux qui débutera dès janvier 2026.

Le ministre Sheke ne cache pas ses intentions : ceux qui n’auront pas saisi l’opportunité de ces 45 jours pour se mettre en règle et changer leurs habitudes feront face à des mesures drastiques. Suspension des licences, saisies des véhicules, amendes lourdes… Le gouvernement provincial semble déterminé à utiliser tous les leviers légaux pour extirper l’anarchie du secteur.

L’enjeu dépasse le simple confort des usagers. Il est question de sécurité publique (les accidents de la route étant monnaie courante), de fluidité du trafic (les embouteillages paralysant la ville), et in fine, de crédibilité de l’autorité de l’État dans la capitale.

Kinshasa, métropole en constante expansion, ne peut plus se permettre un secteur des transports fonctionnant en roue libre. Avec l’initiative de Jésus Noël Sheke, le désordre est officiellement mis en sursis. Reste à savoir si les Kinois, habitués à composer avec le système D, saisiront ce dernier avertissement avant que le bâton ne remplace définitivement la carotte.

Salomon BIMANSHA

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