
Mgr Fulgence Muteba révèle l’existence d’une feuille de route pour un « Dialogue National Inclusif », mais les Évêques de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) posent une condition : le Président Félix Tshisekedi doit désormais sortir des déclarations pour poser des « actes d’État » concrets face à la crise multidimensionnelle.
Kinshasa. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) continue de se positionner comme un acteur incontournable de la régulation politique en RDC. Par la voix de l’un de ses membres éminents, Mgr Fulgence Muteba, elle met la pression sur le pouvoir, révélant qu’une base de travail pour la résolution de la crise politique et sécuritaire est déjà établie.
📝 Une feuille de route pour l’inclusivité
Le prélat a confirmé l’information : une « feuille de route pour l’organisation d’un Dialogue National Inclusif est déjà disponible ». Cette démarche des Évêques, souvent sollicités pour leur neutralité et leur implantation sur l’ensemble du territoire, vise à jeter les bases d’un consensus large, jugé indispensable pour débloquer la situation actuelle.
L’initiative d’un dialogue inclusif répond à une nécessité grandissante : malgré les victoires électorales de l’Union Sacrée, une partie de l’opposition et de la société civile continue de contester la légitimité du processus, tandis que l’Est du pays s’enfonce dans le chaos sécuritaire. Pour la CENCO, seule la discussion intégrant toutes les forces vives de la nation peut garantir une paix durable.
👑 Les Évêques exigent un « Acte d’État »
Cependant, la balle est désormais dans le camp du Chef de l’État. La révélation de l’existence de cette feuille de route s’accompagne d’une injonction solennelle et politique : les Évêques réclament des « actes d’État » de la part du Président Tshisekedi.
Ce terme, lourd de sens, signifie que les leaders religieux souhaitent voir le Président transcender la posture partisane et prendre une décision forte, courageuse, qui engagerait la nation entière. Il ne s’agit plus de simples promesses ou de déclarations d’intention, mais de l’expression d’une volonté politique souveraine capable de mettre en œuvre ce dialogue.
En filigrane, la CENCO rappelle à Félix Tshisekedi sa responsabilité historique et l’invite à placer l’intérêt national au-dessus des considérations politiques immédiates de la Majorité. L’appel est clair : si la solution est sur la table, c’est au Président de la République de donner le coup d’envoi.
Le défi est immense : un dialogue inclusif impliquerait potentiellement des concessions politiques délicates pour le pouvoir en place, mais il est perçu par l’Église catholique comme l’unique voie pour sortir d’une crise qui menace de déstabiliser durablement le cœur de l’Afrique.
Salomon BIMANSHA
