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KIBASA MALIBA : LE SANG SUR LE GAZON.

L’horreur au stade Kibasa Maliba. Le football congolais vient d’enterrer une nouvelle fois son honneur. Hier, à Lubumbashi, le derby tant attendu entre le FC Saint-Éloi Lupopo et le TP Mazembe s’est terminé sur un score amer : Lupopo s’impose 2-1, mais la véritable défaite est celle de l’humanité. L’ambiance festive, censée être l’apothéose du sport, a été maculée par la mort d’un supporter de Mazembe, lâchement agressé en marge du match.

Le Sport, otage de la barbarie

Que faut-il de plus pour que nos dirigeants, nos clubs, la Linafoot, se réveillent et agissent ? Un match de football, même le mythique derby lushois, ne vaut pas une vie ! Le sport est censé être un vecteur de joie, un exutoire, une communion. Il est devenu, en RDC, un champ de bataille où l’impunité règne en maître.

Chaque saison, c’est le même sinistre refrain : jets de projectiles, sièges arrachés, agressions, et maintenant, la mort. Le drame de Kibasa Maliba n’est pas un incident isolé, c’est le symptôme d’une maladie profonde : la violence banalisée et le manque de sécurisation total de nos enceintes sportives.

Le cri de rage : Où sont les responsables ?

Les supporters du TP Mazembe pleurent leur défunt, et avec eux, tous ceux qui croient encore aux valeurs du sport. Mais qui est responsable ?

  1. Les clubs : Incapables de maîtriser leurs propres fans, ils se contentent souvent de condamnations de façade, sans prendre de mesures d’éducation ou de sanctions réelles. Les rivalités sont attisées au lieu d’être canalisées.
  2. La Ligue (Linafoot) : Après chaque débordement, elle distribue quelques amendes dérisoires et prononce des huis clos temporaires. Ces sanctions sont des pansements sur une hémorragie. Il faut des mesures radicales, des radiations, des interdictions de stade à vie pour les auteurs de violence, et une tolérance zéro pour les clubs fautifs.
  3. L’État : Le stade Kibasa Maliba, propriété de l’État, est régulièrement le théâtre de ces affrontements. Où est la Police Nationale Congolaise (PNC) ? Quelle est la qualité du dispositif de sécurité mis en place pour un match à haut risque ? Le drame rappelle à quel point les infrastructures sportives congolaises manquent cruellement d’encadrement professionnel.

Il est inadmissible qu’en 2025, un citoyen meure pour un match de football. La victoire de Lupopo n’a plus de saveur. Elle est recouverte par le deuil.

ASSAINISSEMENT, SÉCURITÉ, IMPUNITÉ : C’EST L’HEURE DES COMPTES ! Le football congolais doit choisir : continuer d’être une poudrière gérée à l’aveugle, ou devenir enfin un spectacle digne de ce nom. Le sang de ce supporter exige des actes, pas des condoléances.

Salomon BIMANSHA

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