
Kinshasa, RDC – Face à une insécurité urbaine qui ne cesse de s’aggraver, le silence des autorités et de la population est désormais dénoncé avec virulence. C’est le sens du coup de gueule retentissant de Jemima Phanzu, qui, sur les réseaux sociaux, a partagé son « immense douleur » et son indignation face à l’inertie générale.
Le message, qui a rapidement fait le tour de la toile, met en lumière le désespoir des Kinois confrontés quotidiennement à la violence.
L’insécurité ronge la ville, l’inaction sidère
Le constat dressé par Jemima Phanzu est alarmant : la capitale est « rongée » par l’insécurité, entraînant son lot de drames humains et de vies brisées.
« Chaque jour, des vies sont arrachées, des familles détruites… et pourtant, silence total des autorités. Silence de la population. Silence de ceux qui devraient protéger. »
Elle dénonce l’absence de réaction tangible, l’absence de « véritable marche de mobilisation » et surtout le « silence total des autorités ».
La défaillance des forces de l’ordre
Un point critique soulevé est la passivité des forces de l’ordre face aux « bavures » dans les quartiers. Le sentiment d’abandon est fort, et l’espoir d’un secours s’est transformé en vaine attente.
« Nos policiers n’interviennent presque jamais lors des bavures dans nos quartiers, et nous continuons à espérer un secours qui ne vient jamais. »
Cette défaillance met en lumière l’urgence d’une réforme des forces de sécurité et d’un renforcement de la protection citoyenne.
Appel à l’auto-prise en charge et à la jeunesse
Face à ce vide, l’appel de Jemima Phanzu est une incitation à l’action civique et à l’autonomie. Elle exhorte les habitants de Kinshasa à ne plus attendre que « d’autres fassent à notre place ce que nous devons faire pour nous-mêmes ». L’heure n’est plus à l’attentisme, mais à la prise en charge collective.
L’appel est particulièrement ciblé vers la jeunesse, souvent mobilisée pour des sujets considérés comme « futiles » – le « buzz, » les « concours, » les « Miss Univers » – mais qui semble apathique face à l’enjeu vital de la sécurité.
« Cette même énergie, cette même passion, mettons-les au service des [affaires essentielles]. »
Le message est clair : l’énergie de la jeunesse doit être redirigée vers la lutte contre l’insécurité et la construction d’un avenir stable pour la ville. La question demeure : ce cri de colère parviendra-t-il à briser le silence et à provoquer la mobilisation tant attendue ?
Salomon BIMANSHA
