
Kinshasa, le 10 novembre 2025
MOT DE CIRCONSTANCE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’OGEFREM À L’OCCASION DE LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DE LA SESSION BUDGÉTAIRE DE L’EXERCICE 2026
L’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM) se trouve à la croisée des chemins. Alors que l’établissement s’apprête à célébrer son 45ème anniversaire, la session d’ouverture de l’exercice budgétaire 2026, présidée par le Directeur Général, KAZUMBA MAYOMBO William, révèle des ambitions majeures pour consolider son rôle de régulateur et de facilitateur dans la chaîne logistique de la RDC.
Un Bilan Contrasté et l’Urgence de la Trésorerie
Le constat de l’exercice passé est sans appel : les principales sources de revenus de l’Office, notamment la FERI (Fiche Électronique des Renseignements à l’Importation) et la commission sur le chargement et le déchargement du fret, ont enregistré une baisse. L’évaluation fait état d’un faible taux d’exécution des produits de 87,88 %.
Cette situation est expliquée par la conjoncture économique, la menace sur les instruments de traçabilité et la fragilité persistante due aux tensions de l’Est du pays.
Malgré tout, l’OGEFREM affiche un optimisme mesuré pour 2026 :
Vision pour 2026 : La Direction Générale est convaincue que l’Office pourra produire plus que prévu en 2025 en recherchant de nouveaux flux d’affaires. L’objectif est d’améliorer la trésorerie, de diversifier les sources de revenus, de consolider l’autonomie financière et d’assurer la souveraineté numérique.
Un point positif à noter : l’exécution des Charges a atteint un niveau élevé de 94,56 %. Toutefois, un effort devra être fourni pour corriger les déséquilibres internes en privilégiant les investissements sur les allocations de moyens.
Des Projets Structurants pour la Chaîne Logistique
Pour combler le « maillon manquant » dans la chaîne multimodale des transports, l’OGEFREM mise sur des projets d’infrastructures majeurs :
- Port Sec de Kasumbalesa (PSK) : Le contrat pour le développement et la gestion du module de stationnement du PSK, au Haut-Katanga, sera signé avec le consortium OGEFREM/YELLOWSTONE. Ce financement se poursuivra grâce au partenariat. * Port Sec de Kalamba Mbuji : Sous le même registre, l’érection d’un port sec à la frontière angolaise est prévue pour renforcer la chaîne logistique des chargeurs du Kasaï et assurer une connexion directe avec le corridor de Lobito. Ce projet contribuera à la consolidation des échanges régionaux.
Ces investissements visent l’accroissement de la fluidité des transports intérieurs et frontaliers.
Faible Exécution du Budget d’Investissements : Les Freins
Le Directeur Général a souligné un faible niveau d’exécution du Budget des investissements, qui plafonne à 15,45 %. Ce taux, qui pourrait s’améliorer significativement en 2026, aurait pu être bien supérieur si l’Office n’avait pas dû faire face à de nombreuses exigences de l’Inspection générale des Finances (IGF), notamment l’acquisition d’un siège.
Un rappel est fait concernant le prêt de USD 10.000.000 souscrit auprès d’une banque : bien que les fonds soient disponibles, le temps nécessaire pour boucler les démarches a retardé les projets.
Axes Stratégiques pour l’Exercice 2026
Afin de concrétiser les 44 projets retenus, la Direction Générale a fixé des objectifs ambitieux pour 2026, articulés autour de plusieurs axes :
- Réserve Budgétaire : Affecter 40 % de la production aux investissements pour l’exécution du budget 2026.
- Gestion du Fret Multimodal : Maîtriser le Fret Multimodal pour conforter le rôle de l’Office et garantir la traçabilité et la transparence de la tarification.
- Investissements : Accélérer l’acquisition des engins de manutention pour des plateformes logistiques modernes et efficaces, répondant ainsi aux attentes des chargeurs.
- Recouvrement et Sécurisation des Recettes : Création d’un mécanisme d’encadrement des recettes, intensification des actions de recouvrement et des actions dissuasives, visant à réduire sensiblement les coulages de recettes et la multiplication des nouveaux flux d’affaires.
- Gouvernance Interne : Finaliser la modernisation et la sécurisation des instruments de traçabilité, ainsi que la mise en place d’une culture de la discipline du personnel, du respect des autorités et des biens publics, et de la contribution réelle au développement de l’Office.
L’OGEFREM, qui s’engage à renforcer l’outil informatique, l’assistance aux chargeurs et l’intensification de la sécurisation des recettes, compte sur l’accompagnement de chaque collaborateur pour atteindre les objectifs fixés. La session budgétaire de 2026 est lancée avec un mot d’ordre clair : discipline et résultats.
Salomon BIMANSHA
