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RDC : « La Seule Solution, C’est le Dialogue Inclusif », Assène Moïse Katumbi

Le ton est grave, l’urgence palpable. Dans un contexte sécuritaire toujours plus précaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo, l’opposant et acteur politique majeur, Moïse Katumbi, a une nouvelle fois plaidé pour une solution politique plutôt que militaire. Son message, martelé avec insistance, vise à ramener au centre des préoccupations la souffrance des populations déplacées.

La Facture du Conflit

Pour Moïse Katumbi, la poursuite de la guerre dans l’Est est une aberration, non seulement humaine, mais aussi économique. « Le dialogue va nous permettre d’économiser beaucoup d’argent, surtout de sauver des vies », a-t-il déclaré.

L’argument est direct : les sommes colossales englouties dans l’effort de guerre, l’armement, et la prise en charge des millions de déplacés internes pourraient être réorientées vers le développement si la paix était restaurée par la discussion. Le coût de la guerre en RDC, qu’il soit financier ou humain, est insoutenable et Katumbi cherche à le ramener au centre du débat public.

L’Urgence des Déplacés

Au-delà de l’économie, c’est l’empathie qui guide le propos de l’homme politique. Il invite à une prise de conscience nationale : « Mettez-vous à la place de ces déplacés de guerre chaque jour ».

Les camps de déplacés autour de Goma et d’autres villes de l’Est sont le symbole criant de l’échec des solutions actuelles. Ces populations, contraintes de fuir la violence armée, vivent dans des conditions de précarité extrême. Pour Katumbi, cesser la guerre, c’est d’abord un impératif moral.

L’Échec des Accords de Doha et l’Alternative Politique

L’opposant critique l’efficacité des mécanismes de paix et des accords passés, citant explicitement l’exemple récent : « Depuis qu’on a signé à Doha, la guerre continue ». Ce constat d’échec des voies diplomatiques ou sécuritaires unilatérales le pousse à réaffirmer sa conviction : « J’insiste encore, la seule solution c’est le dialogue inclusif ».

Ce dialogue inclusif doit être mené sous l’égide des institutions morales et crédibles du pays : « le dialogue de la CENCO et de l’ECC » (Conférence Épiscopale Nationale du Congo et Église du Christ au Congo). Ces structures religieuses jouissent souvent d’une confiance plus large et sont vues comme des médiateurs neutres, capables de rassembler les parties prenantes, y compris les groupes armés, autour d’une table sans préconditions excessives.

En plaçant la CENCO et l’ECC au centre du processus, Moïse Katumbi propose une feuille de route alternative, centrée sur la médiation interne et la réconciliation nationale, avec un objectif ultime et non négociable : « ça va sauver des vies ». L’appel est lancé : faut-il privilégier le dialogue politique pour stopper l’effusion de sang ? La question reste au sommet de l’agenda congolais.

Salomon BIMANSHA

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