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	<title>#kinshasa#paralysi#economie Archives - Bimanshainfo</title>
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		<title>RDC : la « ville morte », ce poison lent qui paralyse l&#8217;économie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[bimansha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 00:16:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Kinshasa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'auteur examine de manière critique la pratique des « villes mortes » en République démocratique du Congo. Bien qu'il reconnaisse le droit fondamental des citoyens à contester et à s'exprimer dans une démocratie, il remet en question l'efficacité et les conséquences de cette méthode de protestation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>TRIBUNE. Si le droit à la contestation est un pilier démocratique incontestable, la méthode de la paralysie urbaine punit d&rsquo;abord les plus vulnérables et sabote le développement du pays. Par Jean-François Nsambayi.</strong></p>



<p><strong>Le piège de la paralysie vertueuse</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="801" height="1195"  alt="" class="wp-image-1989 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348.jpg" srcset="https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348.jpg 801w, https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348-201x300.jpg 201w, https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348-686x1024.jpg 686w, https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348-768x1146.jpg 768w, https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348-16x24.jpg 16w, https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348-24x36.jpg 24w, https://bimanshainfo.com/wp-content/uploads/2026/05/17790090327517995734752923688348-32x48.jpg 32w" sizes="(max-width: 801px) 100vw, 801px" /></figure>



<p>C’est une scène qui se répète avec la régularité d&rsquo;un vieux rituel politique. Une opposition en panne d&rsquo;inspiration, des tensions sociales latentes, et soudain, le mot d&rsquo;ordre tombe : « Ville morte ». En théorie, la formule a tout de l’idéal démocratique : une résistance pacifique, une grève citoyenne pour forcer les dirigeants à écouter les colères du pays. Une manière de dire « non » sans jeter une seule pierre. Voilà pour le romantisme politique.</p>



<p>Mais en pratique, la réalité congolaise dissipe vite les illusions. Derrière les slogans vertueux se cache une machine à broyer l’activité économique, dont les premières victimes ne sont jamais les élites calfeutrées dans leurs bureaux climatisés, mais les millions de citoyens qui tentent simplement de survivre.</p>



<p><strong>La facture exorbitante de l&rsquo;inaction</strong></p>



<p>Regardons les chiffres, loin des passions partisanes. La République démocratique du Congo génère aujourd&rsquo;hui une richesse annuelle estimée à plus de 120 milliards de dollars. Rapporté au quotidien, cela représente plus de 330 millions de dollars d&rsquo;activité par jour. Décréter une « ville morte », c’est accepter de rayer d&rsquo;un trait de plume une partie non négligeable de cette dynamique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Le chiffre clé :</strong> &gt; Le secteur informel représente plus de <strong>70 % des opérations économiques</strong> et environ <strong>77 % des emplois urbains</strong> en RDC.</p>
</blockquote>



<p>Pour les donneurs d&rsquo;ordres politiques, une journée blanche est un simple indicateur macroéconomique ou un rapport de force. Pour le chauffeur de taxibus à Kinshasa, la vendeuse ambulante du Marché central ou le travailleur journalier, c’est une tragédie immédiate : un repas en moins pour la famille, l’impossibilité de payer le transport scolaire ou de faire face à une urgence de santé. Ces millions de Congolais vivent au jour le jour, sans matelas financier ni parachute social. Les punir au nom de leur propre libération relève d&rsquo;un cynisme qui ne dit pas son nom.</p>



<p><strong>Quand la contestation vire au sabotage</strong></p>



<p>Le problème de ces mouvements, c’est qu&rsquo;ils possèdent une fâcheuse tendance à s&rsquo;auto-enflammer. Les manifestations de janvier 2025 à Kinshasa l&rsquo;ont cruellement rappelé : vitrines brisées, commerces pillés, représentations diplomatiques prises pour cibles. Le droit de protestation légitime s&rsquo;efface alors devant le vandalisme pur et simple.</p>



<p>Quel message envoie-t-on ainsi au reste du monde ? Les institutions financières et les investisseurs privés partagent tous la même obsession : la prévisibilité et la sécurité. En transformant régulièrement la capitale – un géant de près de vingt millions d’habitants – en zone à risque, on fait exploser le coût du financement et on décourage ceux qui créent les emplois de demain. C&rsquo;est un cercle vicieux parfait : l&#8217;emploi des jeunes reste précaire et informel, ce qui les rend encore plus vulnérables aux crises futures.</p>



<p><strong>Remplacer la paralysie par la réforme</strong></p>



<p>La démocratie n&rsquo;est pas un ring de boxe permanent où la victoire se mesure au degré de blocage que l&rsquo;on impose à la société. L&rsquo;histoire économique moderne montre que les pays qui s&rsquo;en sortent ne sont pas ceux qui cultivent la confrontation stérile, mais ceux qui sanctuarisent leurs institutions et privilégient la culture du compromis.</p>



<p>Au moment où la RDC cherche à moderniser ses structures et à attirer les capitaux, il est temps de changer de logiciel politique. Le progrès social ne se construira jamais dans l&rsquo;immobilité. La colère est légitime, mais elle doit devenir le carburant des réformes législatives, institutionnelles et du dialogue, plutôt que le prétexte d&rsquo;un grand suicide économique quotidien. Le pays a cruellement besoin de mouvement, pas de villes mortes.</p>



<p><strong>Jean-François Nsambayi</strong> est Administrateur Civil et Analyste en gouvernance publique et réformes institutionnelles.</p>



<p></p>
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