
Un verdict très attendu cet après-midi : la militaire risque dix ans de prison pour « violation de consigne »
KINSHASA – L’ambiance était lourde, ce matin, dans la salle d’audience de la Haute Cour militaire. Au lieu des derniers préparatifs de son mariage prévu dans deux jours, l’adjudant Sarah Ebabi, 32 ans, se retrouve face à ses juges. Poursuivie pour « violation de consigne », la militaire, jusqu’alors au parcours irréprochable, encourt une peine sévère qui pourrait briser à jamais sa carrière et sa vie personnelle : dix ans de prison ferme.

🗓️ Un compte à rebours cruel
La date est d’une ironie tragique. Tandis que ses proches attendaient le jour J pour la voir revêtir sa robe de mariée, l’adjudant Ebabi, le visage fermé mais digne, a dû affronter les questions du procureur général. L’affaire, qui a débuté il y a plusieurs mois par une enquête interne, se concentre sur un manquement grave aux règles de sécurité lors d’une mission sensible.
Le Procureur : « L’adjudant Ebabi a, de par son action ou son inaction, mis en péril non seulement la mission, mais potentiellement la vie de ses subordonnés. La violation de consigne n’est pas un simple oubli dans l’armée ; c’est une faute lourde qui, selon le Code pénal militaire, justifie la peine maximale requise. »
Les faits précis entourant cette « violation de consigne » restent protégés par le secret-défense, mais la sévérité des charges témoigne de la gravité de l’acte reproché. Dans le droit militaire, la peine de dix ans est souvent réservée aux cas les plus extrêmes, notamment en temps de guerre ou pour des infractions portant atteinte à la sûreté de l’État.
👰♀️ Un avenir en suspens
Dans la salle, l’émotion était palpable. À ses côtés, l’avocat de la défense, Maître Tshibangu, a plaidé l’erreur de jugement et le contexte de stress opérationnel.
- Plaidoyer de la Défense : Il a mis en avant le long et excellent service de l’adjudant, ses états de service exemplaires et le fait que les conséquences directes du manquement n’ont, fort heureusement, pas été catastrophiques. Il a également souligné les enjeux personnels immenses : « Monsieur le Président, l’adjudant Ebabi est à 48 heures de fonder une famille. Dix ans de prison, c’est anéantir une femme, une carrière, une vie entière pour une erreur qui, bien que sérieuse, doit être jugée avec humanité et proportionnalité. »
Le Code pénal militaire prévoit effectivement, pour ce type d’infractions, des peines allant de quelques années jusqu’à la décennie, en fonction des circonstances aggravantes. L’enjeu est de taille : la décision du tribunal dira si la justice militaire applique la plus grande rigueur ou si elle prend en compte le contexte personnel de l’accusée.
Le verdict est attendu en fin d’après-midi. L’issue de ce procès fera date, symbolisant le dilemme entre l’inflexibilité de la loi militaire et la tragédie d’une vie civile mise entre parenthèses.
Salomon BIMANSHA
