
Le ministre Samuel Mbemba Kabuya, en charge des Relations avec les institutions internationales, a été reçu ce mercredi 26 novembre 2025 par le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, pour une rencontre de haut niveau consacrée à la reconnaissance des génocides en République Démocratique du Congo (RDC).
Au cœur des échanges, les résolutions récentes de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), ainsi que celles émanant de la société civile africaine, qui reconnaissent officiellement les génocides perpétrés sur le sol congolais au cours des dernières décennies. Cette rencontre a mis en lumière un tournant décisif dans les efforts de la RDC pour faire face à ses tragiques violences passées, en particulier celles survenues sous le régime colonial, ainsi que les massacres à répétition des populations congolaises dans le contexte des conflits contemporains.
Une avancée historique pour la reconnaissance des génocides

Pour le ministre Mbemba Kabuya, cette démarche constitue une avancée significative dans le processus de réconciliation et de justice pour les victimes. « La reconnaissance internationale des génocides est une étape cruciale non seulement pour la dignité des peuples congolais, mais aussi pour l’harmonisation des relations entre l’État et les institutions religieuses, qui ont toujours joué un rôle majeur dans l’accompagnement des victimes », a-t-il affirmé à l’issue de la rencontre.
De son côté, le Cardinal Fridolin Ambongo a salué cette initiative, la qualifiant de « pas décisif dans le cheminement vers la vérité et la réconciliation nationale ». Il a souligné que l’Église, fidèle à sa mission de justice et de paix, appuie cette reconnaissance, tout en rappelant que celle-ci doit s’accompagner de réparations concrètes et de l’implication de toutes les parties prenantes pour prévenir de futures tragédies.
Le rôle clé du ministre comme médiateur entre l’État et l’Église
Le Cardinal a également mis en avant le rôle fondamental du ministre Mbemba Kabuya en tant que médiateur entre l’État et l’Église, jouant un rôle de relais important dans la promotion des droits humains et dans la recherche de solutions pacifiques aux conflits en RDC. « Le ministre a su faire preuve de discernement en étant le porte-voix des préoccupations de la société civile africaine et en portant ces résolutions de la CADHP au niveau gouvernemental. Cela témoigne de la volonté de l’État congolais d’ouvrir un dialogue sincère et constructif avec les organisations religieuses », a ajouté le Cardinal.
Des enjeux qui vont au-delà de la RDC
Les résolutions de la CADHP ne se limitent pas à la seule reconnaissance des génocides, mais elles appellent également à un soutien international accru pour la reconstruction du pays, tant sur le plan social que sur le plan économique. Le rôle des organisations religieuses, des institutions internationales et de la société civile est d’autant plus crucial dans cette phase de transition, où la RDC aspire à tourner définitivement la page de ses violences historiques.
En somme, cette rencontre entre Samuel Mbemba Kabuya et le Cardinal Ambongo marque un moment symbolique dans l’histoire de la RDC, où l’espoir d’une réconciliation durable et d’un avenir pacifique semble prendre forme. Cependant, le chemin reste semé d’embûches, et il appartient désormais à toutes les parties prenantes de poursuivre le travail entamé pour assurer la vérité, la justice et la réparation pour les victimes.
Les regards restent tournés vers Kinshasa et les prochaines étapes de ce processus historique, qui pourrait bien redéfinir les relations entre la RDC et la communauté internationale, tout en posant les bases d’une paix véritablement durable dans la région.
Salomon BIMANSHA
