
Devant le Congrès, le Président Félix Tshisekedi a prononcé un discours empreint de fermeté militaire et de détermination économique, dressant un bilan marqué par les épreuves à l’Est, mais insistant sur la résilience et l’orientation résolue vers l’avenir. Le chef de l’État a particulièrement centré son intervention sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, désignant clairement les responsables et fixant des lignes rouges infranchissables en matière de souveraineté.
I. Guerre à l’Est : Riposte Coordonnée et Accusations Directes
Le ton a été donné d’emblée : « Malgré les épreuves, nous demeurerons debout et résolument tournés vers l’avenir. » Le Président Tshisekedi a qualifié la situation à l’Est d’« une des périodes les plus sombres de ces dernières décennies » et a pointé du doigt les agresseurs avec force :
- Accusation du Rwanda : Il a explicitement condamné la rébellion AFC/M23, affirmant qu’elle est « appuyée par l’armée rwandaise ». Il a notamment rappelé que des unités des Forces de défense du Rwanda ont conduit et appuyé des attaques à l’arme lourde, « tirées depuis la ville rwandaise de Bugarama », provoquant de lourds dégâts humains et matériels, y compris « au lendemain même de la signature » d’accords de cessez-le-feu.
- Résistance des FARDC et Wazalendo : Le Président a rendu hommage aux forces armées et aux supplétifs, affirmant : « Les FARDC et Wazalendo ont opposé une résistance farouche à nos ennemis. »
- Non-Conflit Communautaire : Concernant les violences en Ituri et ailleurs, il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de conflits entre communautés, mais d’une « guerre menée par des intermédiaires dans une zone stratégique riche en ressources minières. »
II. Lignes Rouges de la Souveraineté et Priorités Militaires
Le Président Tshisekedi a défini les objectifs incompressibles de la RDC dans les processus diplomatiques et les priorités nationales :
- Accords de Doha et Washington : Il a été catégorique : ces accords « n’impliquent aucun partage de la souveraineté de la RDC, ne valident ni les revendications territoriales ni la mise sous tutelle des ressources du pays. »
- Justice Inflexible : Il a exclu toute « amnistie déguisée pour les crimes commis contre le peuple congolais », insistant sur le fait que la justice suivra son cours « rigoureusement et sans complaisance. »
- Objectifs Diplômatiques : Les discussions au Qatar avec l’AFC/M23 visent notamment à obtenir leur désengagement militaire. L’accord de Washington, quant à lui, entérine le retrait des troupes rwandaises de la RDC.
- Mission Non-Achevée : Il a promis une détermination totale tant qu’une partie du territoire reste menacée : « Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline de ce pays restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée. »
III. Économie et Sécurité Intérieure
Malgré le contexte sécuritaire difficile, le Président a présenté des indicateurs économiques encourageants et soulevé d’autres préoccupations de sécurité intérieure :
- Performance Économique : « Notre économie n’a pas cédé, elle a progressé », a-t-il affirmé, soulignant que le Franc Congolais s’est apprécié d’environ 29% par rapport au dollar et a « retrouvé une stabilité que notre peuple n’a pas connue depuis de longues années. »
- Lutte contre le Banditisme : Il a exprimé son inquiétude face à l’augmentation du banditisme urbain (« kuluna ») à Kinshasa et dans d’autres localités, reconnaissant la présence de bandes de délinquants.
- Priorités pour la Sécurité et l’Humanitaire : Ses priorités incluent la suppression des réseaux financiers et logistiques soutenant la violence, en mettant fin à l’exploitation illégale des ressources minières, et la garantie de la protection des civils et de l’accès humanitaire.
IV. Hommage aux Victimes
Le Président a conclu la partie sécuritaire par un hommage solennel et une marque de compassion pour les victimes de la violence :
« Permettez-moi de m’incliner avec vous, devant la mémoire de toutes les victimes des conflits et des violences… À celles et ceux qui portent encore les stigmates de ces drames – blessés, déplacés, populations contraintes à la peur et à l’errance – je veux dire : votre souffrance ne nous est ni étrangère ni indifférente ; l’État est, et, restera à vos côtés. »
Salomon BIMANSHA
