
C’est un réveillon au goût de fiel qu’a vécu la communauté de La Compassion. Derrière les prêches enflammés et les cantiques de louange, une guerre de succession, aussi intime que brutale, vient d’éclater au grand jour. Le pasteur Marcello Tunasi, figure emblématique de la scène évangélique congolaise, a jeté un pavé dans la mare : il est attendu au tribunal dans une semaine.
Le spectre de la « communauté des biens »
Le litige, qui couvait dans l’ombre depuis le décès brutal de son épouse, Blanche Tunasi, en juin 2024, porte sur un enjeu juridique majeur : le régime matrimonial du couple. Selon nos informations, la famille de la défunte aurait décidé de porter l’affaire devant les tribunaux pour réclamer la part d’héritage revenant à leur fille.
L’argument central des proches de Blanche ? Le régime de la communauté de biens. Pour la belle-famille du pasteur, les actifs accumulés durant les années de mariage ne sauraient rester sous l’unique contrôle de Marcello Tunasi. Ils exigent une liquidation du patrimoine afin que la part de la disparue soit officiellement identifiée et restituée à ses ayants droit.
« Je dois justifier le fruit de mon travail »
Visiblement meurtri par cette offensive qu’il perçoit comme une trahison, Marcello Tunasi a choisi la transparence devant ses fidèles lors du passage à l’an 2026 :
« Pendant que nous crions bonne année, moi Marcello Tunasi, j’irais au tribunal […] parce qu’il y a des gens qui ont décidé que je ne dois pas gérer mes propres biens seul. Je dois aller expliquer pourquoi moi-même je dois gérer les biens pour lesquels j’ai travaillé. »
Ces propos soulignent la fracture profonde entre le pasteur, qui semble considérer ce patrimoine comme le résultat de son propre labeur ministériel, et sa belle-famille, qui s’appuie sur la lettre du code de la famille pour faire valoir les droits de Blanche.
Un empire sous haute tension
Au-delà de la douleur du deuil, c’est un empire financier et immobilier qui est aujourd’hui scruté par la justice. En RDC, les affaires de succession impliquant des régimes de communauté de biens sont souvent complexes et déchirent les familles les plus soudées.
Pour Marcello Tunasi, ce rendez-vous judiciaire est bien plus qu’une formalité administrative ; c’est un combat pour la préservation de son œuvre et de son autonomie financière. Pour la famille de Blanche, c’est une quête de justice pour la mémoire et les droits de celle qui fut, durant des années, le pilier discret de La Compassion.
Une chose est certaine : le verdict du tribunal aura des répercussions bien au-delà du cercle familial, touchant au cœur même de l’une des églises les plus influentes d’Afrique centrale.
Salomon BIMANSHA
