
C’est une offensive de charme numérique qui n’est pas passée inaperçue dans les salons feutrés de la Gombe. Pour marquer l’entrée en 2026, Jacky Ndala, figure de proue du mouvement « MRPC/Kongo » (Mouvement de Réveil et Prise de Conscience), a choisi de briser les codes de la traditionnelle guerre des tranchées politique congolaise. À travers une série de cartes de vœux savamment distillées, l’ancien leader de la jeunesse d’Ensemble pour la République joue une partition pour le moins audacieuse : celle du rassembleur universel.
Le « Grand Écart » politique

Il est rare, sous les tropiques de la République Démocratique du Congo, de voir un acteur politique adresser simultanément ses hommages au pouvoir en place, à l’opposition radicale et aux figures de l’ancien régime. C’est pourtant le tour de force réalisé par celui qui se fait appeler le « Patriote-Résistant ».
Dans cette galerie de portraits, personne n’est oublié :
- Félix Tshisekedi : Le président en exercice reçoit des vœux de « paix et de prospérité », Ndala saluant des « efforts constants » pour la cohésion nationale.
- Joseph Kabila : L’ancien président et sénateur à vie est remercié pour son « amour inconditionnel » pour le pays.
- Les figures de proue de l’opposition : Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga et même Jean-Marc Kabund (compagnon de cellule à Makala) reçoivent des messages de soutien et de réussite.

Une diplomatie de la reconnaissance
Plus surprenant encore, Jacky Ndala s’adresse aux « Mamans » de la nation. Il rend hommage à la Première Dame, Denise Nyakeru, mais aussi à Olive Lembe Kabila, soulignant chez cette dernière une « bienveillance » et un « sens du don de soi » qui auraient marqué son parcours.
Cet œcuménisme soulève une question centrale à Kinshasa : Jacky Ndala cherche-t-il à se positionner comme le trait d’union d’une classe politique plus fragmentée que jamais ? En utilisant le label MRPC/Kongo, frappé de l’emblème d’un coq sur la carte du Congo, il semble vouloir dépasser les clivages partisans pour s’adresser à la « Nation congolaise toute entière dans sa diversité ».
2026 : L’année du « Réveil » ?

Derrière les dorures des cartes et la sobriété des textes se cache une stratégie de communication rodée. En s’affichant en casquette et lunettes de soleil sur son propre visuel, Ndala cultive cette image de « fils du peuple » qui interpelle ses pairs comme des « fils et filles d’une même mère patrie ».
Si pour certains observateurs, cette démarche relève d’une courtoisie républicaine retrouvée, pour d’autres, il s’agit d’un jalon posé pour l’avenir. En ménageant toutes les susceptibilités, le « Patriote-Résistant » s’offre une visibilité transversale inédite. Reste à savoir si ce message de « justice sociale » et de « prise de conscience » saura transformer l’essai au-delà des réseaux sociaux.
Une chose est sûre : en ce début d’année, Jacky Ndala a réussi le pari de faire parler de lui, sans se mettre personne à dos. Un exploit en soi dans l’arène politique congolaise.
Salomon BIMANSHA
